JFK L’assassinat les questions
Dallas 22 novembre 1963

Site dédié à l’assassinat du Président Kennedy et à l’étude des questions sans réponse pleinement satisfaisante près de 60 ans après les faits.

Le HSCA - conclusion -1

par Pierre NAU

Le HSCA (House Select Commitee on Assassination) est le Comité restreint de la chambre des représentants sur les assassinats qui fut chargé par le Congrés des Etats-Unis d’Amérique d’enquêter en particulier sur l’assassinat du Président Kennedy. Sa mission consistait essentiellement à compléter le travail effectué 15 ans auparavant par la Commission Warren. Il devait nottamment éclaircir certaines zones d’ombre et apporter les éléments de réponses attendus par tous ceux qui ne s’étaient pas satisfaits des conclusions du rapport Warren. Les 3 conclusions auxquelles la commission sénatoriale arriva sont les suivantes :

1 - Lee Harvey Oswald avait tiré 3 coups de feu sur John Fitzgerald Kennedy ; le deuxième et le troisième atteignirent le Président, le troisième coup de feu tiré tua le Président.

2 - Une preuve scientifique de nature acoustique, a conduit à la forte probabilité que 2 tireurs avaient fait feu sur John F. Kennedy, une autre preuve scientifique n’écarte pas la possibilité de 2 tireurs faisant feu sur le Président.

3 - Sur la base des preuves à sa disposition, le comité croit que l’assassinat du Président John Fitzgerald Kennedy a été l’oeuvre d’un complot. Le comité est incapable d’identifier l’autre tireur ou l’étendue du complot.



La principale évolution par rapport à la conclusion de la commission Warren réside dans l’évocation de la possibilité d’un autre tireur ayant participé au crime. La conclusion du HSCA est capitale. Elle remet complètement en cause la principale conclusion à laquelle était arrivé 15 ans plus tôt la Commission Warren celle du tireur unique.

Il faut dire que le HSCA ne pouvait pas arriver à une conclusion différente dès lors qu’un de ses experts, à l’écoute de la bande d’enregistrement radio d’une des motocyclettes du cortège, avait décelé de façon certaine, un quatrième coup de feu. La mise en évidence d’un coup de feu supplémentaire, complétée par une étude acoustique entreprise sur le site par des experts, modifiait sensiblement les conclusions du rapport Warren. Oswald n’étant plus seul, l’association de 2 tireurs conduisait à envisager l’existence d’un complot. C’est ce que fit le HSCA en l’annonçant sans ambiguïté dans sa troisième conclusion. Malheureusement, il ne poursuivra pas davantage dans cette direction et déclarera ne pas être en mesure de déterminer la composition et l’étendue de cette conspiration. Le résultat peut paraître bien maigre si l’on considère que l’enquête aura côuté 6 millions de dollards au contribuable américain. De plus, le HSCA ne remettait pas complètement en cause les conclusions de la Commission Warren :
- Oswald restait l’auteur des coups de feu responsables de la mort du Président et des blessures du Gouverneur Connally

 Le deuxième tireur avait tiré 1 coup de feu de façon certaine et peut-être un de plus mais il avait manqué sa cible. Sa ou ses balles se seraient perdues dans la pelouse séparant Elm street de Houston street.
La théorie de la balle "magique" n’était pas remise en cause en dépit de l’énorme controverse soulevée à son sujet. La constitution du projectile ne rendait pas impossible l’hypothèse développée 15 ans plus tôt par Arlen Specter et le peu de dégâts subi par la munition restait une hypothèse possible.

 Aucune avancée significative n’était enregistrée sur l’étude des blessures pour déterminer avec précision s’il s’agissait d’orifice d’entrée ou de sortie. Toutefois, le HSCA précisa qu’aucune preuve formelle ne permettait de dire que les radiographies et les photos de l’autopsie mises à sa disposition pour les besoins de son enquête avaient été altérés ou truquées. Ces pièces étaient de plus identifiées comme étant sans aucun doute celles du Président.

 La "performance " réalisée par Oswald pour réaliser un tir d’une rare difficulté n’était pas remise en cause puisqu’il demeurait le seul tireur à avoir occasionné toutes les blessures du Président et du Gouverneur.


Il n’en demeure pas moins vrai que le HSCA a remis officiellement en cause la thèse officielle défendue jusqu’alors, n’hésitant pas à cette occasion de contredire les conclusions d’une commission nommée par un Président des Etats-Unis et dirigée par le Président de la Cour Suprême du pays. Replacée dans le contexte de l’époque et des Etats-Unis, cette évolution est loin d’être mineure et il faut bien reconnaître au HSCA un certain courage dans sa prise de position. Contredire la version officielle consistait à remettre en question, partiellement au moins, le travail effectué par les agences fédérales qui avaient assisté la Commission Warren dans son enquête. Enfin le travail du HSCA était crédible car il reposait avant tout sur l’analyse des preuves matérielles effectuées par des experts compétents et sur l’audition exhaustive de tous les témoins en particulier ceux qui avaient été délaissés par les enquêteurs de la Commission Warren.


Le rapport du HSCA :


Moins volumineux que le Rapport Warren, le rapport du HSCA n’en demeure pas moins conséquent. L’intégralité de ce document peut être consulté à de nombreuses adresses.
En autre à l’adresse suivante, http://www.jmasland.com/database.htm qui m’a autorisé à en publier les 3 principales conclusions. Bien évidemment les conclusions sont en anglais et compte de tenu de l’intérêt de ces dernières il m’est apparu intéressant d’en faire la traduction qui suit.

 

LES CONCLUSIONS DU HSCA

 

Avertissement : Cette traduction m’appartient. Elle ne peut être reproduite, même partiellement sans mon autorisation.

 

Les conclusions auxquelles est arrivé le HSCA sont les suivantes :

Première Conclusion

- Lee Harvey Oswald avait tiré 3 coups de feu sur John Fitzgerald Kennedy ; le deuxième et le troisième atteignirent le Président, le troisième coup de feu tiré tua le Président.

 Le Président fut atteint par deux coups de feu tirés derrière lui :


Le Président de la commission chargée de l’assassinat du Président Kennedy avait conclu que le Président Kennedy avait été frappé par deux balles qui avaient été tirées au dessus de lui et derrière lui . Selon la Commission, une balle avait frappé le Président à la base arrière du cou, légèrement à droite de la colonne vertébrale, et était ressortie par l’avant du cou. L’autre balle était entrée par l’arrière droit de la tête du Président et était ressortie par le côté droit de la tête, occasionnant une blessure importante.
La commission basait ses conclusions tout d’abord sur le témoignage des médecins qui avaient traité le Président à l’hôpital Parkland à Dallas et sur les praticiens qui avaient procédé à l’autopsie au centre médical naval de Bethesda, Maryland.
En formulant cette conclusion, ni les membres de la Commission Warren, ni son bureau, ni les médecins qui avaient pratiqué l’autopsie, n’avaient pu tiré profit des radiographies et des photos du Président qui avaient été prises au cours de l’autopsie. La raison de cette ommission de la Commission Warren d’examiner ces pièces fondamentales tenait à l’engagement pris de rendre public toute preuve examinée par la Commission. (5) La Commission craignait que la publication des radiographies de l’autopsie et des photos porte atteinte à l’intimité de la famille Kennedy. (6) La décision de la Commission de s’en remettre uniquement au témoignages des médecins écartait la possibilité que la Commission puisse faire examiner le rapport d’autopsie par des experts médicaux indépendants pour déterminer s’ils étaient d’accord avec les conclusions des médecins de Parkland et de Bethesda.
Une détermination du nombre et une localisation des blessures du Président étaient essentiels pour résoudre la question de savoir s’ il y avait eu plus d’un assassin. Le secret qui entoura les rapports de l’autopsie, avait conduit à un scepticisme important envers les conclusions de la Commission Warren. Le doute avait été émis sur la sincérité des autorités, depuis qu’un médecin de la Marine en charge de l’autopsie conduite à l’hôpital naval de Bethesda, avait détruit ses notes et que la Comission Warren avait décidé de renoncer à l’opportunité de voir les radiographies et les photos ou de permettre à quelqu’un d’autre de les examiner.
Le scepticisme avait été renforcé par un film pris du défilé présidentiel par un photographe amateur, Abraham Zapruder. Dans le film de Zapruder, la tête du Président est apparremment rejetée en arrière alors que l’avant du côté droit de son crâne semble exploser, suggérant aux critiques des conclusions de la Commission Warren que le Président avait été frappé par une balle qui était entrée par l’avant de la tête. ) Il était fait remarquer qu’une telle balle avait été tirée par un tueur positionné sur la bute herbeuse (grassy Knoll), une aire de parking située à droite et en face de l’endroit où se trouvait la limousine en déplacement au moment du coup de feu fatal. (8)
Depuis que la Commission Warren avait achevé son enquête, deux autres jurys gouvernementaux avaient soumis les radiographies et les photos prises au cours de l’autopsie du Président Kennedy à l’examen d’experts médicaux indépendants. Une équipe d’experts médico légaux en pathologie désignée par l’Attorney Général Ramsey Clark en 1968, et un jury retenu par la Commission chargée en 1975 d’enquêter sur les activités de la CIA à l’intérieur des Etats-Unis (Commission Rockfeller) étaient arrivés à la même conclusion fondamentale : Le Président avait été frappé par deux balles venant de derrière. Mais le panel ne publia ni les radiographies et les photos ni n’expliqua le fondement de ses conclusions dans une audition publique. En conséquence, aucun jury ne fut en mesure de dissiper de manière significative les doutes qui avaient persisté pendant des années au sujet de la nature et de la localisation des blessures du Président.


Fiabilité de l’analyse scientifique :

Depuis le début de son enquête, le Comité avait la conviction que la preuve la plus fiable sur laquelle il pouvait baser ses déductions pour savoir ce qui s’était passé à Dealey Plaza le 22 novembre 1963, reposait sur l’analyse de données scientifiques incontestables. Dans ce but, le comité s’attacha les services d’experts indépendants dans les domaines de la pathologie médico-légale, de la balistique, de la photographie de l’acoustique, de l’analyse de l’activation neutronique et d’autres disciplines. Les rapports soumis par ses experts furent pleinement pris en considération par le comité en élaborant ses conclusions.


La preuve médicale :

Le panel du comité d’expert en pathologie était composé de 9 membres dont 8 d’entre eux étaient des examinateurs en chef médicaux dans des juridictions locales majeures des Etats-Unis. En tant que groupe, ils avaient conduit plus de 10000 autopsies, une accumulation d’expérience que le comité considéra inestimable dans l’évaluation de la preuve médicale - radiographies et photos de l’autopsie incluses - pour déterminer la cause de la mort du Président, la nature et la localisation de ses blessures. Il était aussi demandé au panel de recommander la conduite à tenir dans l’éventualité d’un futur assassinat d’un Président ou d’une autre personnalité fédérale de haut rang.

Le comité s’attacha aussi les services d’experts pour authentifier les pièces de l’autopsie. Ni le panel Clark ni la Commission Rockefeller n’entreprirent de déterminer si les radiographies et les photos étaient en fait authentiques. Le comité, à la lumière des nombreux problèmes apparus au cours des années à propos des radiographies et des photos, était convaicu que l’authentification constituait un point capital de l’enquête.

L’authentification des photos et des radiographies de l’autopsie fut réalisé par le comité avec l’assistance de son panel chargé de la preuve photographique et avec l’aide des anthropologistes, des dentistes médico-légaux et des radiologues de haut niveau travaillant pour le comité. Deux questions furent posées aux experts :

- Les photos et radiographies entreposées aux Archives Nationales pouvaient-elles être identifiées sans ambiguïté comme étant celles du Président Kennedy ?
Y avait-il la moindre preuve que l’une de ces photos ou radiographies ait pu être altérée de quelque façon que ce soit ?


Pour déterminer si les photos de l’autopsie en question étaient en fait celles du Président, des anthropologistes médico-légaux comparèrent les photographies de l’autopsie avec des images du Président de son vivant. Cette comparaison fut faite sur la base de caractéristiques à la fois métriques et morphologiques. L’analyse métrique reposait sur une série de mesures faciales prises à partir des photos, alors que l’analyse morphologique portait principalement sur la consistance des caractéristiques physiques, en particulier celles qui pouvaient être considérées comme distinctes (la forme du nez, le domaine des lignes du visage, etc...). Une fois que ces caractéristiques essentielles furent identifiées, les photos antérieures et postérieures à l’autopsie furent comparées pour vérifier qu’elles représentaient la même personne.

Les anthropologistes étudièrent simultanément les radiographies de l’autopsie et celles prises du Président de son vivant. Un nombre suffisant de caractéristiques anatomiques essentielles étaient présentes sur les radiographies prises avant et après la mort du Président pour en conclure que les radiographies de l’autopsie étaient bien celles du Président. Puisque beaucoup de radiographies prises au cours de l’autopsie incluaient le profil dentaire du Président, il fut possible de déterminer, en utilisant le dossier dentaire du Président, que les radiographies étaient bien celles du Président.

Une fois que les experts en dentisterie et en anthropologie eurent déterminé que les photos et les radiographies étaient celles du Président, des experts en photographie et des radiologues examinèrent l’original des photos de l’autopsie, les négatifs, les films et les radiographies pour déceler des signes d’altération. Ils en conclurent qu’il n’y avait pas de preuve que des pièces photographiques et radiographiques aient été altérées. En conséquence, le comité décida que les radiographies de l’autopsie et les photos constituaient une base fiable selon les conclusions du panel des experts en pathologie médico-légale du comité. Alors que l’examen des radiographies et des photos de l’autopsie constituait le fondement principal de son analyse, le panel de pathologistes médico-légaux eut aussi accès à toute déposition de témoins intéressante. De plus, tous les tests et analyses de preuves demandées par le panel furent réalisées. Ce ne fut seulement qu’après avoir pris en considération toutes ces preuves, que le panel en vint à ses conclusions. Le panel de pathologistes médico-légaux conclua que le Président Kennedy avait été frappé par 2 et seulement 2 balles et que chacune d’entre elles était entrée par l’arrière.(1)

Le groupe d’expert conclut aussi que le Président avait été frappé par une balle qui était entrée dans la partie supérieure droite du dos et qui était ressorti à l’avant de la gorge et par une balle qui entrée à l’arrière droite de la tête à proximité de la zone de la mèche de cheveux était ressortie du côté droit de la tête vers l’avant. Cette seconde balle provoqua une blessure massive à la sortie de la tête du Président. Il n’y a aucune preuve médicale que le Président ait été frappé par une balle entrant par l’avant de la tête, et la probabilité pour qu’une balle ait pû atteindre le Président sans laisser de traces est extrêmement faible. Etant donné que cette conclusion paraît être incompatible avec le mouvement de la tête du Président vers l’arrière observé dans le film de Zapruder , le comité consulta un expert en blessures balistiques pour déterminer quelle relation, si tant est qu’il y en ait une, pouvait exister entre la direction d’une balle qui frappe la tête et le mouvement postérieur de la tête. L’expert conclut que la détérioration de nerfs causée par une balle entrant dans la tête du Président avait pu provoquer une contraction des muscles arrières qui, ensuite, avaient pu occasionner un mouvement de la tête vers l’arrière. Il démontra le phénomène dans une expérimentation filmée qui nécessitait des tirs sur des chevreaux. Par conséquent, le comité établit que le mouvement de la tête du Président vers l’arrière n’était pas fondamentalement incompatible avec une balle frappant à l’arrière. Le panel de pathologistes médico-légaux conclut que le gouverneur Connally avait été frappé par une balle venant de l’arrière qui était entrée juste en dessous de l’omoplate droit et était sortie sous le muscle pectoral droit de la poitrine. Elle brisa ensuite l’os radius du poignet droit du Gouverneur et causa une blessure superficielle à la cuisse gauche. Le établit que la nature des blessures du Président Kennedy et du Gouverneur Connally étaient compatibles avec la possibilité qu’une balle ait pénétré la partie supérieure droite du dos du Président Kennedy et après avoir émergé par l’avant du cou, ait causé toutes les blessures du Gouverneur. Le facteur qui influença le panel de manière significative était la forme ovoïde de la blessure du Gouverneur dans le dos. Une blessure ovoïde est caractéristique de celle causée par une balle qui est passée à travers quelque chose ou qui est déviée par un objet intermédiaire. En se basant sur la preuve à sa disposition, le panel conclut qu’une balle unique passant à la fois à travers le Président Kennedy et le Gouverneur Connally appuyait la conclusion fondamentale selon laquelle le Président avait été frappé par 2 et seulement 2 balles chacune tirée de derrière. Par conséquent, les conclusions des pathologistes médico-légaux étaient compatibles avec la théorie de la soit disante balle magique avancée par la Commission Warren.


 Les temps de réaction et l’alignement :
L’hypothèse selon laquelle le Président et le Gouverneur avaient été tous les deux frappés par une seule et même balle reposait à l’origine sur l’étude faite par la Commission Warren du film de Zapruder et sur les tests de tirs effectués avec l’arme de l’assassinat. L’intervalle de temps observable entre la réaction du Président et celle du Gouverneur était trop courte pour avoir permis, selon les tests de tir de la Commission, le tir de 2 coups de feu avec la même arme. Les tireurs d’élite du FBI qui avait testé le fusil pour la Commission utilisait une lunette télescopique sur l’arme, et le minimum de temps nécessaire entre 2 coups de feu était approximativement de 2,25 à 2,3 secondes. L’intervalle de temps observable entre les réactions du Président et celles du Gouverneur, selon la Commission Warren, était inférieur à 2 secondes. (2)La Commission établit que son hypothèse selon laquelle la même balle avait frappé à la fois le Président et le Gouverneur était confortée par les observations visuelles de l’alignement relatif des 2 hommes à l’intérieur de la limousine, par une analyse de la trajectoire et par l’étude balistique des blessures. La Commission déclara cependant qu’une détermination du coup qui avait frappé le Gouverneur n’était "pas nécessaire aux conclusions essentielles".
L’analyse par activation neutronique :

Nota : L’analyse par activation neutronique est une technique analytique dans laquelle un échantillon est bombardée avec des neutrons, habituellement dans un réacteur nucléaire. Certains de ces neutrons sont absorbés par les noyaux des atomes présents dans l’échantillon et une fraction de ces atomes devient artificiellement radioactive. A partir des énergies du rayonnement gamma émis, les concentrations des éléments dans l’échantillon peuvent être déterminées. L’activation neutronique est une technique valable parce qu’elle est sujette à relativement peu d’interférences et est extrêmement sensible à beaucoup d’éléments. Elle a été employée à deux reprises pour analyser des fragments de plomb de l’assassinat de JFK.

En complément aux conclusions formulées par le panel des pathologistes médico-légaux du comité, la théorie de la balle unique était justifiée par les résultats de l’analyse par activation neutronique réalisée par le comité. La balle supposée avoir causé les blessures du Gouverneur et du Président fut découverte sur un brancard à l’hôpital de Parkland. Beaucoup de critiques ont prétendu que cette balle , labélisée "d’origine" (pristine en anglais) car elle paraissait avoir été seulement légèrement altérée, ne pouvait pas avoir causé à la fois les blessures du Gouverneur (en paticulier son poignet brisé) et celles du Président. Certains avaient même suggéré la possibilté que la balle n’avait blessé ni Connally ni Kennedy et qu’elle avait été placée sur le brancard. L’analyse par activation neutronique établit cependant qu’il était hautement probable que les blessures du poignet du Gouverneur furent causées par la balle retrouvée sur le brancard à l’hôpital de Parkland. De plus, les experts en blessures ballistiques du comité établirent que la balle trouvée sur le brancard -pièce à conviction n°399 de la Commission Warren- est d’un modèle qui était susceptible d’avoir occasionné les blessures du Président Kennedy et du Gouverneur Connally sans montrer davantage de déformations que celles constatées. En déterminant si la déformation de la pièce à conviction était compatible avec le fait d’avoir traversé à la fois le Président et le Gouverneur, le comité considéra le fait qu’il s’agit d’une balle relativement longue, stable, entièrement chemisée, caractéristique d’une munition souvent utilisée par les militaires. Une telle munition a tendance à passer les tissus du corps plus facilement que les balles de chasse à ogives molles. Les consultants du comité avec leurs connaissances en pathologie médico-légale et en blessures balistiques conclurent qu’il n’aurait pas été inhabituel pour une telle balle entièrement chemisée d’avoir traversé le Président et le Gouverneur et d’avoir été déformée imperceptiblement. L’analyse par activation neutronique appuyait davantage la théorie de la balle unique en montrant qu’il y avait la preuve de seulement 2 balles parmi les fragments retrouvés dans la limousine et ses occupants. Le consultant qui dirigea l’analyse conclut qu’il était "hautement probable" que la pièce à conviction n°399 et les fragments recupérés dans le poignet du Gouverneur Connally provenaient d’une balle ; que l’un des deux fragments retrouvés sur le plancher de la limousine et le fragment récupéré à l’intérieur du cerveau du Président pendant l’autopsie provenaient d’une seconde balle. (3) L’analyse par activation neutronique ne mis pas en évidence la preuve d’une troisième balle parmi ces fragments assez importants pour être examinés.


La preuve photographique :

Le comité considéra aussi la preuve photographique dans son analyse des coups de feu. Le film de Zapruder, le seul enregistrement visuel continu et chronologique de l’assassinat, est la meilleure preuve photographique disponible du nombre et du minutage des coups de feu qui frappèrent les occupants de la limousine. Le panel des experts photograhes du comité examina en particulier des versions améliorées et stabilisées du film de Zapruder dans un double but :
- Essayer de tirer des conclusions sur le déroulement des coups de feu à partir des réactions visibles des victimes,

 Déterminer si l’alignement du Président et du Gouverneur était compatible avec la théorie de la balle unique.


Le panel examina aussi d’autres photos. Plusieurs conclusions furent tirées en ce qui concerne la théorie de la balle unique. Le panel conclut qu’il y avait une preuve manifeste que 2 coups de feu espacés approximativement de 6 secondes l’un de l’autre avaient frappé les occupants de la limousine. A l’image 207 du film de Zapruder, au moment où Président est aperçu en train de disparaître derrière un panneau de signalisation qui obstruait le champ de vision de Zapruder, il paraît réagir à un violent stimulus externe. Cette réaction est d’abord observée aux environs de la vue 200 du film de Zapruder. La main droite du Président se fige au milieu d’un mouvement de salut suivi d’un mouvement de tête rapide vers la gauche. Il existe, par conséquent, la preuve photographique d’un coup de feu frappant le Président à ce moment là. Le Gouverneur Connally ne montre pas de signe de douleur avant qu’il ne disparaisse derrière le panneau indicateur à l’image 207 du film de Zapruder, mais quand il réapparaît à l’image 222, il semble en train de réagir à un violent stimulus externe. Aux alentours de la vue 226, au moment où tous les occupants de la limousine ont réapparu dans le champ de vision de Zapruder, le panel trouva des manifestations d’attitudes physiques observables et des changements d’expression de visage qui indiquaient qu’à la fois le Président et le Gouverneur réagissaient à leurs blessures. Les réactions du Président sont naturelles - il se penche en avant et se saisit la gorge. Le gouverneur montre une posture rigide et un changement d’expression de visage. (4)

Pour étudier l’alignement relatif du Président et du Gouverneur Connally à l’intérieur de la limousine, le panel d’experts en photographie porta une attention particulière aux vues juste avant que le Président et le Gouverneur ne soient cachés par le panneau à l’aide de l’analyse stéréoscopique (en profondeur) des vues 187 et 193 et d’autres photographies prises à peu près au même moment du côté sud de Elm street. Le panel trouva que l’alignement du Président et du Gouverneur pendant cette période était compatible avec l’hypothèse de la balle unique. Le panel chargé de la preuve photographique mis en évidence, plus loin, que l’effet explosif du second coup de feu le coup de feu fatal à la tête qui frappa le Président Kennedy est représenté à l’image 313 du film de Zapruder. A l’image 313, on voit la tête du Président exploser, conduisant le panel à en conclure que le moment véritable de l’impact se situait approximativement à l’image 312.

La preuve acoustique et l’analyse des tâches flous sur le film :

Le comité réalisa deux autre tests scientifiques qui concernaient la question de la direction et de la chronologie des balles qui frappèrent le Président. Tout d’abord on s’adressa à des consultants pour une analyse d’un enregistrement d’une transmission radio réalisée au moment de l’attentat. Les experts décidèrent qu’on dénombrait quatre coups de feu sur l’enregistrement. Le premier, le second et le quatrième provenaient du dépôt de livres situé derrière le Président, le troisième de la bute herbeuse située à la droite du Président. En considérant le coup de feu à la tête du Président à l’image 312 comme étant le dernier des 4 coups de feu, et par conséquent comme un point de base possible, (5) il fut possible de corréler les autres sons identifiés comme coups de feu probables à l’aide du film de Zapruder. Les consultants acoustiques conclurent alors que les deux coups de feu intervenus le plus tôt, provenaient du dépôt de livres, les coups de feu (ou au moins leurs ondes de choc) avaient atteint la limousine entre les vues 157 et 161 et les vues 188 et191. Quand on les associait avec la preuve photographique montrant une réaction de Kennedy débutant au voisinage de la vue 200, il apparaissait qu’il avait été d’abord frappé par une balle aux environs de la vue 190. (6)

Deuxièmement, le panel d’experts en photographie étudia aussi les tâches flous du film de Zapruder qui avaient été causées par des erreurs de panoramique de Zapruder, c’est à dire l’effet de manque de déplacement régulier quand Zapruder déplaçait sa caméra de la gauche vers la droite. Ceci fut fait pour pour déterminer si les flous résultaient d’une réaction possible de Zapruder au son des coups de feu. Cette analyse révéla que les flous intervenant aux vues 189 - 197 et 312 - 314 ils pouvaient raisonnablement être attribués à des débuts de réaction de Zapruder aux coups de feu. L’intervalle de temps entre les coups de feu associés à ces flous fut estimé approximativement à 6 -7 secondes. La possibilité que d’autres flous puissent être attribuables à des réactions à d’autres coups de feu ne put pas être confirmée ou infirmée sans donnée supplémentaire. Prises globalement avec d’autres preuves, la preuve photographique et acoustique conduisirent le comité à en conclure que le Président Kennedy et le gouverneur Connally avaient été frappés par une balle approximativement à la vue 190, et que le Président avait été atteint par une autre balle à l’image 312. Par conséquent des résultats des analyses faites par les experts dans les domaines de la pathologie médico-légale, de la photographie, de l’acoustique, des blessures balistiques et de l’analyse par activation neutronique, le comité conclut que le Président avait été frappé par 2 balles tirées derriére lui.

2 - Les coups de feu qui frappèrent le Président venaient de derrière et avaient été tirés de la fenêtre située au coin sud-est du sixième étage du dépôt de livres.
La Commission Warren avait conclu que les coups de feu qui avait tué le Président Kennedy et blessé le Gouverneur Connally avaient été tirés du sixième étage et du coin sud-est du dépôt de livres. Elle basait sa conclusion sur les dépositions de témoins, les preuves physiques trouvées au sixième étage du dépôt, les preuves médicales et l’absence de preuves fiables que des coups de feu aient été tirés d’un autre endroit.

a) L’analyse scientifique :

En investiguant cet aspect du problème, le comité s’est essentiellement reposé sur l’analyse scientifique de preuves physiques, et encore une fois les conclusions du panel de pathologistes médico légaux furent concluantes. Le panel détermina que les deux balles qui frappèrent le Président venaient de derrière et que le coup fatal porté à la tête avait une trajectoire descendante au moment où il atteignit le Président. (7) Par conséquent, la pathologie médico légale fournissait la preuve fiable quand à l’origine des coups de feu : le tueur qui tira le coup de feu qui frappa le Président à la tête à l’image n° 312 était positionné au-dessus et à l’arrière de la limousine présidentielle.

1 - L’analyse de la trajectoire

L’analyse de la trajectoire - autre moyen de déterminer l’origine des coups de feu - impliquait la trajectoire des balles qui frappèrent le Président. Bien que la Commission Warren ait également étudié la trajectoire des balles, son analyse consistait à prouver qu’une balle tirée du sixième étage du dépôt de livres pouvait avoir frappé le Président et ensuite atteint le Gouverneur et qu’une balle tirée de cet endroit pouvait avoir provoqué la blessure à la tête du Président. Fondamentalement, le but de l’étude de la trajectoire de la Commission était de prouver qu’il était possible au suspect numéro un, Lee Harvey Oswald, d’avoir atteint à la fois le Président et le Gouverneur du sixième étage du dépôt. Le comité examina le problème sans faire de présuppositions quant à l’origine des coups de feu. Ce fut un effort pluridisciplinaire, comprenant l’expertise des pathologistes médico légaux, des analystes acoustiques et photographiques et un ingénieur du bureau national de l’administration de l’aéronautique et de l’espace reconstitua la trajectoire. L’analyse de la trajectoire reposait sur 3 types de données. A partir de l’analyse acoustique de la radio transmission, la séquence des coups de feu fut reconstitué. A partir de l’analyse photographique du film de Zapruder et de l’analyse acoustique, il fut possible de connaître avec une relative précision quand chacun des coups de feu avait été tiré - à l’image n°190 du film de Zapruder approximativement pour le coup de feu qui frappa le Président à l’arrière du cou, et à l’image n°312 du film de Zapruder pour le coup de feu fatal à la tête du Président -. Au travers de l’analyse de ces vues et d’autres photographies prises pratiquement en même temps du côté sud de Elm street, il fut possible de déterminer la localisation de la limousine sur la Place, les positions respectives du Président Kennedy et du Gouverneur Connally et leur alignement l’un par rapport à l’autre. En faisant correspondre ensuite cette donnée avec l’analyse du panel des pathologistes médico légaux relative aux blessures d’entrée et de sortie subies par le Président Kennedy, il fut possible de reconstituer le cheminement des balles depuis leur origine. Une direction indépendante et des trajectoires inclinées furent développées pour les 2 balles - celle qui provoqua les blessures à l’arrière du cou, et celle qui lui occasionna la blessure fatale. Une troisième analyse de trajectoire fut entreprise pour tester l’hypothèse selon laquelle la première balle aurait provoqué aussi les blessures du Gouverneur Connally, en utilisant dans cette analyse les blessures d’entrée et de sortie du cou du Président et la blessure d’entrée dans le dos du Gouverneur. Chacune de ces trois trajectoires interceptait la face sud est du dépôt de livres. Comme les trajectoires ne pouvaient pas être reconstituées avec une précision suffisante pour déterminer le point exact d’où les coups de feu avaient été tirés, elles furent calculées avec une marge d’erreur reflétant la précision d’une donnée sous-jacente. Les marges d’erreurs étaient représentées par des cercles à l’intérieur desquels les coups de feu se créaient. La fenêtre du coin sud est du dépôt de livres se trouvait à l’intérieur de chacun de ces cercles.

2 - La preuve photographique :

Le panel chargé de la preuve photographique examina la preuve possible relative à la question de l’origine des coups de feu. le panel examina un film de la fenêtre du coin Sud-est du dépôt pris peu de temps avant les coups de feu. Alors qu’on a l’impression de mouvement dans le film, le panel ne put l’attribuer à un mouvement de personne ou d’objet et l’attribua plutôt à un mouvement d’effet photographique. Les conclusions du panel furent les mêmes en ce qui concerne le mouvement à la fenêtre adjacente apparu dans le film. Le panel étudia deux photographies prises dans les minutes de l’assassinat. Alors qu’aucun visage ou forme humaine ne pouvait être détectée à la fenêtre du coin sud-est du dépôt, le panel était en mesure de conclure qu’une pile de boites de livres avait été disposée près de la fenêtre pendant l’intervalle de temps entre la prise des deux photographies. Il existe une preuve, un film pris par Charles L. Bronson, où certains chercheurs indépendants croient voir une forme ou des formes à la fenêtre du sixième étage du dépôt de livres quelques minutes avant la fusillade. Le film fut porté à l’attention du comité vers la fin de son investigation. Certains membres du panel du comité chargés de la preuve photographique firent une étude préliminaire du film (sans optimisation). Alors qu’un mouvement était détecté à la fenêtre, il fut considéré qu’il s’agissait plus probablement d’un effet photographique du au hasard que d’un mouvement humain. Néanmoins une étude limitée n’était pas suffisante pour déterminer de façon définitive si le film contenait la preuve d’un mouvement de figures humaines. A cause de sa haute qualité, il fut recommandé que le film de Bronson soit analysé plus en profondeur.

b) Les dépositions des témoins :
Alors que le comité se reposait d’abord sur l’analyse scientifique de preuve physique en ce qui concerne l’origine des coups de feu, les dépositions des témoins furent également prises en considération. La procédure utilisée pour analyser leurs déclarations était la suivante :

Premièrement, toutes les déclarations préalables étaient lues par le comité et étudiés pour leur cohérence. L’objectif était d’identifier les incohérences soit entre les déclarations d’un témoin et d’un autre ou entre les variations de déclarations d’un témoin dont le récit avait changé. Les dépositions furent recueillies à partir des archives de la police de Dallas, du bureau du Shérif de Dallas, du FBI, des Services Secrets et de la Commission Warren.

Deuxièmement, une tentative fut faite pour localiser les témoins et leur montrer les dépositions qu’ils avaient faites au cours de l’enquête initiale. On demanda à chaque témoin de lire ses dépositions et d’indiquer si elles étaient complètes et exactes. Si les dépositions étaient inexactes, ou si un témoin était au courant d’une information qui n’était pas incluse, il lui était demandé de faire des corrections ou de fournir l’information complémentaire. En complément, là où les questions en rapport avec le sujet n’avaient pas été posées, le comité les posa. Il y a des limitations inhérentes à un tel procédé. Toute information fournie par un témoin en 1978 - 15 ans après l’assassinat - doit être considéré à lumière du temps qui passe, ce qui provoque des pertes de mémoire et des récits honnêtes deviennent déformés. Assuremment, ils ne pouvaient pas être considéré acec la même fiabilité qu’une information fournie en 1963 - 64.

Par le fait qu’elles étaient basés sur des déclarations de témoins, les conclusions du comité étaient directement liées à la qualité de l’investigation initiale. Les incohérences des témoignages - les questions non posées, les témoins non intérrogés - créaient tous des problèmes qui empéchaient toute résolution 15 après les faits à Dallas. Nèanmois le Comité pris toutes les dépositions des témoins en considération et détermina dans quelle mesure ils se recoupaient ou ils fournissaient des preuves à l’appui ou contredisaient la conclusion révélée par la preuve scientifique. Un exemple d’un tel témoigage est celui relatif à la découverte du fusil et des douilles au dépôt de livres. (Comme des versions détaillées de dépositions de témoins recueillies au moment de l’enquête initiale sont du domaine public, seuls de brefs rappels sont mentionnés ici). Le Deputy Sheriff Luke Mooney affirma sous serment devant la Commission Warren qu’il avait découvert 3 cartouches de fusil utilisées au sixième étage du dépôt de livres à environ 13 heures le 22 novemnbre 1963. Il déclara qu’il se trouvait dans le coin Sud-est du bâtiment quand il remarqua des boîtes entassées en hauteur au voisinage de la fenêtre. Il rentra ensuite tout juste dans l’espace entre les boîtes et vit trois cartouches de fusil utilisées au voisinage de la fenêtre. Moonney déclara aussi avoir vu des boîtes entassées de telle sorte qu’elle constituait un point d’appui pour une arme. Le Deputy Sheriff Eugene Boone déclara à la Commission Warren qu’il était arrivé au sixième étage du dépôt postérieurement à la découverte des trois cartouches de fusil utilisées . Il dit qu’il était allé à l’extrémité Est de l’étage et qu’il sétait approché en remontant graduellement de l’extrémité Ouest, regardant à l’intérieur, en - dessous et autour des boîtes et des palettes. Dans la direction du mur près d’une rangée de fenêtre, il remarqua un petit espace entre quelques boîtes. Quand il se faufila dans l’ouverture, il vit un fusil entre deux rangées de boîtes. Il était 13 heures 22.



 c) La preuve des armes à feu :

Le fusil découvert par Boone, un Mannlicher Carcano de calibre 6,5 mm, fut expertisé par le FBI en 1963 - 64 et par le panel des spécialistes en arme à feu du Comité en 1976, comme ce fut le cas de toutes les armes à feu qui furent découvertes et qui constituaient des pièces à conviction. Dans chacune des enquêtes , il fut établi que la balle retrouvée sur le brancard à l’hôpital Parkland avait été tirée à l’aide du fusil retrouvé au sixième étage du dépôt, comme c’était le cas des deux fragments récupérés à l’intérieur de la limousine Présidentielle. De plus, il fut établi que les trois étuis de cartouches retrouvés au sixième étage du dépôt avaient été tirés à l’aide du Mannlicher Carcano. (8) Au travers de l’analyse par activation neutronique, le Comité établit que les pièces à conviction que constituaient les armes à feu pouvaient même être directement liées aux blessures subies par le Président et par le Gouverneur Connally. Il est hautement probable que la balle retrouvée sur le brancard fut celle qui passa au travers du poignet du Gouverneur Connally, en y laissant de minuscules particules et que les fragments récupérés à l’intérieur de la limousine provenaient de la même balle, de même que ceux retirés du cerveau du Président. Pendant des années le scepticisme avait surgi quant à savoir si le fusil retrouvé à l’intérieur du dépôt par Boone était le même fusil mis à la disposition de la Commission Warren et entreposé maintenant aux Archives Nationales. La suspicion reposait dans une certaine mesure sur les allégations que les officiers de Police qui avaient été les premiers à découvrir l’arme l’avait identifié comme étant une carabine allemande de type Mauser et de calibre 7,5 mm. La controverse était amplifiée par l’allégation que les différentes photographies du fusil, prises à des moments différents, présentaient des inconséquences en ce qui concernait les proportions des différentes parties le composant. Pour dissiper la controverse, le comité rassembla un large éventail des photographies du fusil : un photographie prise par la Police quand il fut découvert à l’intérieur du dépôt, un film pris par une chaine de télévision montrant le fusil quand il fut découvert par la Police, une série de photographies d’officiers de Police transportant le fusil hors du dépôt ; des clichés du fusil pris alors qu’il était transporté à travers les locaux de la Police de Dallas ; et des photographies prises plus tard par le FBI et la Police de Dallas. Leur examen par les consultants en photographie du Comité révéla que les photographies provenaient toutes du même fusil. Une étude des proportions et une comparison des marques d’identification établirent toutes les deux qu’une seule arme était impliquée.

c) Récapitulation de la preuve

Dans son analyse finale, le Comité basa sa conclusion que les coups de feu qui frappèrent le Président avaient été tirés du Dépôt de livres scolaires sur la quantité et sur la qualité des preuves, à savoir :

- Les conclusions des pathologistes médico légaux que les coups de feu qui frappèrent le Président venaient de derrière ; Les résultats de l’analyse de la trajectoire qui conduisait les balles au voisinage de la fenêtre du sixième étage du dépôt ;
- La conclusion des experts en acoustique que les coups de feu provenaient des alentours de la fenêtre du sixième étage du dépôt ;

- L’identification formelle par les experts en armes à feu que le fusil retrouvé au sixième étage du dépôt était celui qui avait tiré la balle retrouvée sur le brancard à l’hôpital Parkland et les fragments récupérés à l’intérieur de la limousine

- Les résultats de l’analyse par activation neutronique indiquant qu’il était hautement probable que la balle retrouvée sur le brancard à l’hôpital Parkland était celle qui passa à travers le poignet du Gouverneur Connally et que les fragments retrouvés à l’intérieur de la limousine provenait de la balle qui frappa le Président à la tête ;
- La conclusion des experts en photographie que le fusil découvert à l’intérieur du dépôt était le même que celui qui avait été photographié à plusieurs reprises en 1963 et qui est actuellement entreposé aux Archives Nationales.

Le Comité s’appuya aussi sur la déposition de première main des témoins mais avec prudence, à cause de l’érosion du temps. Mises à part les dépositions des hommes de loi sur les lieux immédiatement après l’assassinat, il considéra les comptes rendus des spectateurs de Dealey Plaza, en gardant à l’esprit que ceux-ci étaient des souvenirs de moments fugitifs d’intense émotion. Le Comité nota, cependant qu’un nombre de spectateurs de Dealey Plaza déclara avoir vu soit un fusil soit un homme avec un fusil au voisinage de la fenêtre du coin Sud-est du sixième étage du dépôt de livres.

3 - Lee Harvey Oswald possédait le fusil qui fut utilisé pour tirer les coups de feu de la fenêtre du coin Sud-est du dépôt de livres scolaires.

La Commission Warren avait conclu que Lee Harvey Oswald possédait le fusil retrouvé au au sixième étage du dépôt de livres scolaires. Depuis que la Commission avait conclu de plus qu’Oswald était l’assassin du Président, ses antécédents sont significatifs.


a) Biographie de Lee Harvey Oswald :

Lee Harvey Oswald est né à la Nouvelle Orléans, Louisiane, le 18 octobre 1938, deux mois après la mort de son père. Sa mère s’étant remarié, la famille vécut dans un certains nombres de ville au Texas et en Louisiane de 1945 à 1952. Ce mariage se termina en divorce alors qu’Oswald avait 9 ans. En 1952, Oswald et sa mère s’en allèrent à New-York. Son parcours scolaire fut marqué par un absentéïsme chronique et un examen psychiatrique sembla indiquer qu’il était caractériel. Oswald et sa mère retournèrent à la Nouvelle Orléans en 1954. Après avoir terminé sa classe de neuvième, Oswald agé de 16 ans quitta l’école. L’année suivante, il rejoignit les Marines. Faisant valoir la mauvaise santé de sa mère et sa situation de détresse financière, Oswald obtint une libération des Marines en 1959. De retour à la vie civile, Oswald passa 3 jours avec sa mère à Fort Worth, Texas, et gagna la Nouvelle Orléans. De là il se rendit en Union Soviétique où il essaya de devenir citoyen Soviétique. En avril 1961, Oswald se maria avec une jeune femme soviétique de 19 ans, Marina Nikolaiëvna Prusakova, qu’il avait rencontré quand il travaillait à Minsk. Décu de la vie Soviétique, il retourna aux Etats-Unis avec sa femme et leur fille encore bébé. Les Oswald arrivèrent à Fort Worth, Texas le 14 juin 1962, et devinrent rapidement connu d’un certain nombre de personnes de la communauté russe de Dallas - Fort Worth. Oswald gagna Dallas en Octobre 1962 où il trouva un emploi dans une manufacture d’arts graphiques. Marina suivit en Novembre, mais leur mariage était tourmenté par des querelles intermittentes. En Mars 1963, selon la Commission Warren, Oswald acheta un fusil Mannlicher Carcano et lunette de visée télescopique auprés d’une société de vente par correspondance de Chicago. Il commanda aussi un pistolet Smith & Wesson de calibre 38 à une société de Los Angeles. Selon Marina il se servit probablement du fusil lors de sa tentative d’attentat en Avril contre le Général Edwin A. Walker, un général de l’Army à la retraite qui avait été relevé de son poste en Allemagne de l’Ouest pour avoir distribué de la littérature d’extrême droite à ses troupes. Walker ne fut pas blessé. En Avril 1963, Oswald s’en alla à la Nouvelle Orléans. Pendant ce temps, Marina et son bébé ganèrent à la fin du mois d’avril le logement d’une amie, Ruth Paine, à Irving, Texas. Le 19 juillet Oswald fut licencié de son emploi pour manque d’efficacité.

En Mai et Juin, Oswald avait manifesté de l’intérêt pour le Fair Play for Cuba Committee. En août, il distribua des tracts pro-castristes et fit deux émissions radio en faveur du régime de Castro. Marina Oswald et son bébé retournèrent au Texas le 22 Septembre pour deumeurer chez Ruth Paine à Irving. Oswald se rendit à Mexico dans la dernière partie du mois de Septembre. Il se rendit à l’ambassade et au consulat de Russie et de Cuba, mais il ne réussit pas à obtenir la permission de se rendre dans l’un ou l’autre de ces pays. Il retourna à Dallas le 3 Octobre 1963. A plusieurs occasions il rendit visite à Marina à Irving mais il continua à essayer de trouver un endroit pour vivre à Dallas. Le 14 Octobre, Oswald emmenagea dans un meublé sur North Beckley avenue à Dallas. Il commenca à travailler au dépôt de livres 2 jours après. Le 20 Octobre, Marina donna naissance à une deuxième fille. Elle retourna chez les Paine à Irving où Oswald lui rendit visite le 1er Novembre, et du 8 au 11 Novembre. Oswald rendit ensuite visite à Marina et à ses enfants à Irving le 21 Novembre au soir. Il retourna à Dallas le lendemain. Le 22 Novembre 1963, peu de temps après l’assassinat du Président Kennedy le policier J.D. TIPPIT fut abattu par arme à feu. A 14 heures environ, Oswald était arrêté à l’intérieur du Texas Theater. Il fut successivement inculpé du meurtre de Tippit et considéré comme suspect dans l’assassinat de Kennedy. Le 24 Novembre 1963 alors qu’il était conduit à travers le sous-sol du quartier général de la Police de Dallas dans le but d’être transféré dans le bureau du Shérif du Comté de Dallas, Oswald fut blessé mortellement par un unique coup de feu tiré à l’aide d’un pistolet par Jack Ruby, un propriétaire de boîtes de nuit de Dallas. Comme indiqué, la Commission Warren avait retrouvé la chaîne de possession du fusil supposé de l’assassinat et établi que le nom figurant sur le chèque et sur le bon de commande utilisé pour acheter le fusil était A.J. Hidell qu’on identifia comme étant un nom d’emprunt utilisé par Oswald. On détermina aussi que le fusil avait été envoyé à une boîte postale de Dallas louée le 9 Octobre 1962 par Oswald. Au travers de l’analyse manuscrite, la Commission établit qu’Oswald avait rempli et signé les documents relatifs à l’achat et à la réception du fusil. De plus, la Commission otint le témoignage qu’Oswald possédait le fusil et qu’il n’était pas à sa place habituelle à la résidence de Michaël et Ruth Paine à Irving, Texas, quand la police fouilla la résidence dans l’après-midi du 22 Novembre 1963. Des photographies d’Oswald tenant son fusil furent aussi découvertes parmi ses effets personnels, et la Commission conclut que le fusil sur les photographies était celui retrouvé au sixième étage du dépôt de livres. Une empreinte de paume relevée sur le canon du fusil était identifiée comme étant une empreinte de paume latente d’Oswald. Enfin, la Commission examina en tant que preuve significative un emballage de papier marron sur lequel on releva une empreinte latente de paume d’Oswald. Il contenait des fibres qui furent identifiées comme étant similaires à certaines fibres d’une couverture à l’intérieur de laquelle il avait semble-t-il enveloppé le fusil. Le Comité conclut que le fusil retrouvé à l’intérieur du sixième étage du dépôt de livres était l’arme du crime. Cette détermination , associée à la preuve de la Commission Warren qu’Oswald possédait l’arme, si on l’admettait, prouvait de façon concluante qu’Oswald était le propriétaire de l’arme du meurtre.


Néanmoins, on avait émis le doute sur la preuve qu’Oswald possédait l’arme en question. Les critiques de la Commission Warren avait fait valoir que la chaîne de possession était dénuée de sens, car plus d’un Mannlicher Carcano mis en circulation portait le numéro de série C2766. Ils avaient aussi argumenté que la photographie d’Oswald tenant le fusil était un faux et que son empreinte de paume avait été placée sur le canon.


b) L’approche du Comité :

Le Comité décida que le moyen de déterminer si Oswald possédait en fait l’arme du crime était de vérifier la fiabilité de la preuve utilisée par la Commission Warren pour établir la possession et de soumettre la preuve disponible à une analyse scientifique plus poussée. Le Comité se posa ces questions :

Pouvait-on établir avec certitude que l’écriture manuscrite figurant sur le chèque utilisé pour acheter l’arme et sur la demande boîte postale était celle d’Oswald ? (9) Les photos d’Oswald tenant le fusil étaient-elles authentiques et le fusil était-il celui que l’on avait retrouvé au dépôt de livres après l’assassinat ?


1 - L’analyse graphologique :

Pour ce qui concerne le premier problème, le Comité interrogea le panel en charge des documents, composé de trois experts représentant 90 années d’expérience jointes dans le domaine de l’examen de documents en question, et il fut mis à sa disposition 50 documents environ contenant l’écriture manuscrite supposée d’Oswald. On demanda au panel d’établir si tous les documents avaient été écrits parla même personne. Parmi les documents fournis au panel figurait le mandat poste adressé au magasin Kleins de Chicago pour payer le Mannlicher Carcano, de numéro de série C2766, la demande de boîte postale à laquelle le fusil avait été posté par la suite, et deux cartes d’empreintes digitales signées par Oswald. Une des cartes avait été signée au moment de son engagement dans le corps des Marines le 24 Octobre 1956, l’autre datée du 9 Août 1963 fut signé par Oswald à la Nouvelle Orléans au moment où il avait été arrêté pour trouble de la paix publique. (Bien qu’on avait relevé les empreintes digitales d’Oswald quand il fut arrêté le 22 Novembre 1963 à Dallas, il avait refusé de signer la carte). (10) Le panel chargé des documents en question établit que le mandat poste et la demande de boîte postale avaient été remplis par la même personne et que l’écritue était identique à celle figurant sur les deux cartes d’empreintes digitales signées par Oswald. En se basant sur cette analyse, le Comité établit qu’Oswald avait acheté l’arme en question au magasin Kleins.


2- Les photographies de l’arrière-cour :

Les photos d’Oswald tenant l’arme, avec un pistolet attaché à sa ceinture et tenant aussi des exemplaires du "Militant" et du "Worker , furent prises par sa femme dans l’arrière cour de leur résidence de Neeley street à Dallas en Mars ou en Avril 1963, selon le témoignage fourni par sa veuve Marina à la Commission Warren et au Comité. (11)Il y avait eu une importante controverse à propos des photographies. Pendant sa détention dans les locaux de la Police de Dallas du 22 au 24 Novembre 1963, Oswald avait prétendu qu’il ne possédait pas de fusil et que les photographies étaient des montages et que sa tête avait été superposée sur le corps de quelqu’un d’autre. La Commission avait cependant conclu que ces photographies étaient authentiques. Des critiques de la Commission Warren avaient remis en question leur authenticité pour des raisons généralement basées sur de prétendues incohérences d’ombres, une indication d’insertion entre le menton et la joue, des inconsistances dans les proportions du corps, et un menton en forme de carré disparate. Pour déceler si une preuve de trucage était présente dans ces photographies, le panel chargé de la preuve photographique chercha tout d’abord à déterminer si on pouvait établir qu’elles avaient été prises à l’aide de l’ "Imperial Reflex camera" d’Oswald. Ceci fut fait en étudiant les photographies ( et l’unique négatif original disponible) pour identifier les caractéristiques propres qui pouvaient être révélées par cette caméra. Une fois que ceci fut accompli avec succès, les objects représentés sur les photographies, ainsi que les ombres, furent analysés de manière photogrammaticale. Enfin, les articles furent scrutés de façon visuelle, en utilisant la technique du grossissement, l’analyse stéréoscopique et le traitement digital de l’image. Dans ses analyses, le panel chargé de la preuve photographique travaillait avec le négatif original et les impressions de première génération des photographies. Seules de telles pièces contiennent l’information photographique fiable et nécessaire. Par contraste, certains critiques qui déclaraient que les photographies étaient truquées se basaient sur la mauvaise qualité des copies pour leurs analyses. Des copies ont tendance à perdre des détails et à inclure des défauts qui altèrent la représentation exacte de l’image photographique. Après avoir soumis les documents photographiques originaux et la caméra supposée avoir prise les images à des techniques d’analyse sophistiquées, le panel chargé de la preuve photographique conclut qu’on ne pouvait pas trouver de preuve de trucage. Une analyse photographique scientifique détaillée d’égale importance fut conduite par le panel pour déterminer si le fusil tenu par Oswald sur les photographies prises dans l’arrière cour était vraiment le fusil entreposé aux Archives Nationales. Le panel trouva une seule marque d’identification présente sur l’arme présente aux Archives qui correspondait à la marque visible sur le fusil figurant sur les photos d’Oswald dans l’arrière cour, de même que sur le fusil présumé tel qu’il apparaissait sur les les photos prises après l’assassinat en 1963. Parce que cette marque fut considérée comme étant due au hasard ( c’est à dire causée par une déchirure du fait de l’usage) on la considéra suffisante pour garantir qu’on en fasse une identification irréfutable.

De plus, les tailles relatives des parties constitutives du fusil présumé de l’assassinat entreposé aux Archives Nationales furent comparées aux différentes parties du fusil qui apparaissait sur diverses photographies de 1963, y compris celles de l’arrière cour. On les trouva entièrement compatibles, morceau par morceau, les unes avec les autres. (12)A la fin de son analyse le panel chargé de la preuve photographique conclut que le fusil représenté sur les photographies de l’arrière cour était celui que l’on avait retrouvé au dépôt de livres après l’assassinat et qui était entreposé aux Archives Nationales. En complément de l’analyse photographique, le comité était en mesure d’utilser l’analyse graphologique pour l’aider à déterminer si la photographie était authentique. Au cours de l’enquête du Comité, George de Mohrenschildt, qui avait été un ami d’Oswald, s’était suicidé. Le comité, conformément à une assignation, obtint les papiers personnels de de Mohrenschildt, qui comprenaient une autre copie de la photo d’Oswald dans l’arrière cour. Cette copie, contrairement à toutes celles retrouvées précédemment, avait une inscription au verso : "A mon cher ami George, de la part de Lee". Elle était datée d’Avril 1963 et était signée "Lee Harvey Oswald". Dans un manuscrit non publié, de Mohrenschildt faisait allusion à cette copie de la photogrraphie et déclara que c’était après son retour d’Haïti, où il s’était trouvé au moment de l’assassinat, qu’il avait découvert cette photo parmi ses effets personnels qu’il avait préalablement stocké dans un entrepôt. Le Comité examina la photographie pour déterminer son authenticité et examina l’écriture pour établir si Oswald avait en fait écrit l’inscription et l’avait signé. Si Oswald avait signé la photographie, sa revendication qu’il ne possédait le fusil et que la photographie était un faux ne pouvait pas être prise en considération. Le panel chargé de la preuve photographique ne trouva pas de preuve de trucage dans les photos de l’arrière cour, y compris sur celle trouvée dans les effets personnels de de Mohrenschildt. L’écriture à la main au dos de l’exemplaire de de Mohrenschildt fut déclaré par le panel chargé de l’étude des documents identique à celle figurant sur tous les autre documents signés par Oswald, y compris les cartes d’empreintes digitales. Par conséquent, après avoir soumis les photos de l’arrière cour à l’examen des panels photographique et graphologique, le panel conclut qu’il n’y avait pas de preuve de trucage sur les photographies et que le fusil figurant sur les photos était identique au fusil retrouvé à l’intérieur du sixième étage du dépôt de livres le 22 Novembre 1963. Ayant résolu ces problèmes, le Comité conclut que Lee Harvey Oswald possédait le fusil à partir duquel les coups de feu qui avaient tué le Président avaient été tirés.

4- Lee Harvey Oswald, peu de temps avant l’attentat avait accès et était présent au sixième étage du Dépôt de livres scolaires.
La Commission Warren avait découvert que Lee Harvey Oswald travaillait principalement au premier et au sixième étage du Dépôt de livres scolaires, rassemblant des livres commandés sur des listes et les fournissant au magasin du premier étage. Il avait par conséquent un accès libre au sixième étage et à la fenêtre du coin Sud-Est d’où les coups de feu furent tirés. La Commission était arrivée à cette conclusion en interrogeant les supérieurs d’Oswald et ses collègues employés.

a) Le témoignage des employés du Dépôt de livres :

Au cours de son enquête, le Comité a pris également en considération les déclarations et les témoignages des employés du Dépôt de livres qui travaillaient avec ou qui supervisaient Oswald. Roy Truly le superintendant du dépôt avit déclaré à la Commission Warren qu’Oswald avait l’occasion d’aller chercher des livres plusieurs fois par jour au sixième étage et quotidiennement. Truly et d’autres ont déclaré qu’Oswald avait normalement accès au sixième étage du Dépôt et certains dirent avoir vu ou entendu Oswald au voisinage du sixième étage tout au long de la matinée du 22 novembre 1963.


b) Preuve physique de la présence d’Oswald :

En cherchant à déterminer si Oswald était en fait présent au sixième étage du dépôt, le Comité prêta tout d’abord attention à l’analyse scientifique de la preuve physique. Des objets furent examinés tels que les empreintes digitales y compris un long sac en papier que l’on avait découvert près de la fenêtre du coin Sud-Est et des cartons qui avaient été trouvés empilés à l’aplomb de la fenêtre. Le sac en papier qui était propice à contenir le fusil montrait une empreinte de paume latente et une empreinte digitale d’Oswald ; un des cartons révélait à la fois une empreinte de paume et une empreinte digitale identifiées comme appartenant à Oswald, et l’autre carton révélait son empreinte de paume uniquement. Il avait été déterminé que des empreintes d’Oswald se trouvaient sur le sac et les cartons au cours de l’enquête qui avait suivi immédiatement après l’assassinat. Ce fut confirmé par l’expert en empreintes digitales du Comité. Le Comité était au courant que l’accès d’Oswald au sixième étage au cours de ses occupations quotidiennes aurait donné l’occasion de les relever à n’importe quel moment avant l’assassinat. Cependant, le Comité était convaincu que la manière avec laquelle les boîtes étaient entassées près de la fenêtre et que la proximité du sac en papier par rapport à la fenêtre pouvaient être considérées comme une preuve indiquant qu’il avait manipulé des boîtes dans le but de préparer "le nid du tireur " ainsi nommé et qu’il avait utilisé le sac en papier pour transporter le fusil à l’intérieur du Dépôt.

c) L’emploi du temps d’Oswald :

En ce qui concerne la présence d’Oswald au sixième étage peu de temps avant l’assassinat, le Comité pris en considération les témoignages des collègues e travail au Dépôt. Bien qu’un certain nombre d’entre eux le plaçaient au cinquième étage peu avant midi, il aurait bien pu avoir été au sixième étage à 12h30. Il n’y eut aucun témoin qui déclara avoir vu Oswald quelque part au moment de l’assassinat et il n’y eut aucun témoin qui prétendit avoir été au sixième étage et par conséquent en mesure d’avoir vu Oswald s’y trouver.


1 - Lovelady ou Oswald :

Il avait été prétendu qu’une photographie de la limousine prise au moment où le premier coup de feu claqua, montrait Oswald se tenant au niveau de la porte d’entrée du Dépôt. Naturellement, si Oswald était l’homme se tenant près de la porte d’entrée, il n’avait pas pu se trouver au sixième étage en train de tirer sur le Président. La Commission Warren avait établi que l’homme qui se trouvait sur le pas de la porte d’entrée n’était pas Oswald mais Billy Lovelady un autre employé du Dépôt. Des critiques avaient remis en cause cette conclusion, accusant les membres de la Commission de ne pas avoir personnellement interrogé Lovelady afin de déterminer s’il était bien l’homme figurant la photographie. De plus ils arguaient le fait qu’aucune photographie de Lovelady ne figuraient dans aucun des volumes publiés par la Commission Warren. Des anthropologistes médico-légaux travaillant pour le Comité comparèrent le cliché avec des photographies d’Oswald et de Lovelady et un photographe analyste étudia le motif de la chemise portée par l’homme se trouvant au niveau de la porte d’entrée et la compara aux chemises que portaient les deux hommes ce jour là. En se basant sur une évaluation des caractéristiques faciales, les anthropologistes établirent que l’homme se trouvant sur le pas de la porte ressemblait beaucoup plus à Lovelady qu’à Oswald. De plus, l’analyse photographique de la chemise se trouvant sur la photo établit qu’elle avait une ressemblance plus proche de celle portée par Lovelady ce jour là. En se basant sur ces analyses, le Comité en conclut qu’il était hautement improbable que l’homme se tenant au niveau de la porte d’entrée ait été Oswald et hautement probable qu’il s’agissait de Lovelady. La conviction du Comité que l’homme du pas de la porte était Lovelady fut renforcée par une interview de Lovelady au cours de laquelle il affirma aux enquêteurs du Comité qu’il était l’homme figurant sur la photographie.


2 - Les dépositions des témoins :

Pour ce qui concerne l’emploi du temps d’Oswald immédiatement après l’assassinat, le Comité considéra aussi les dépositions de témoins. Trois témoins étaient particulièrement importants. Le superintendant du Dépôt Roy Truly et l’officier de la Police de Dallas M.L. Baker quii étaient entrés tous les deux immédiatement après que les coups de feu aient été tirés. Ils rencontrèrent Oswald au deuxième étage et au cours d’un témoignage devant la Commission Warren, ils établirent le temps à 2 à 3 minutes après les coups de feu. Un témoin qui connaissait personnellement Oswald, Mme Robert A. Reid, également employée au Dépôt, certifia à la Commission Warren qu’elle l’avait également vu au deuxième étage 2 minutes approximativement après les coups de feu. Les dépositions de ces trois témoins se corroboraient mutuellement. Alors qu’ils se trouvaient tous à l’extérieur du Dépôt au moment des coups de feu, leurs déclarations selon lesquelles il leur avait fallu 2 minutes pour gagner le deuxième étage étaient raisonnables. Il apparaissait également raisonnable que pendant ces mêmes deux minutes Oswald aient pu marché depuis la fenêtre du sixième étage vers la cage d’escalier arrière et descendu à la volée les escaliers jusqu’au deuxième étage. En considérant cette seule preuve, la conclusion n’était pas qu’Oswald était l’assassin mais plutôt que les déclarations de ces témoins apparaissaient plausibles et étaient probantes vis à vis de la question relative à l’emploi du temps d’Oswald au moment de l’assassinat.


5 - D’autres agissements de Lee Harvey Oswald tendent à soutenir la conclusion selon laquelle il assassina le Président Kennedy :

La Commission Warren avait conclu, qu’aussitôt après l’assassinat, Oswald avait pris place dans un bus mais qu’une fois celui-ci pris dans un embouteillage, il en était descendu et avait pris un taxi pour rejoindre son meublé. La Commission avait aussi découvert qu’Oswald s’était changé dans son meublé et qu’après en être ressorti il avait marché entre 9 et 10 miles avant de rencontrer l’officier de Police J.D. Tippit. Après avoir été interpellé par Tippit, avait établi qu’Oswald avait dégainé son revolver et tiré à 4 reprises sur Tippit, le tuant. Il avait ensuite fui les lieux. Il fut apprhendé à 13h50 environ dans une salle de cinéma proche, le Texas Theatre. Le Comité découvrit qu’alors que la plupart des employés du Dépôt étaient à l’extérieur du bâtiment au moment de l’assassinat et y étaient retournés après, Oswald avait fait l’inverse, il se trouvait à l’intérieur avant l’assassinat et en était ressorti après. Le fait qu’Oswald ait quitté le bâtiment dans les minutes qui suivirent l’assassinat était significatif. Chacun des autres employés du Dépôt avait soit un alibi au moment de l’assassinat ou était retourné dans le bâtiment immédiatement après.Seul Oswald n’y était pas retourné ni n’avait d’alibi.


a) Le meurtre de Tippit :

Le Comité enquêta tout d’abord sur le meurtre de Tippit pour ses implications dans l’assassinat du Président. Le Comité se reposa avant tout sur la preuve scientifique. Le panel du Comité chargé des armes à feu détermina de façon certaine que toutes les quatre douilles de cartouches retrouvées sur les lieux du meurtre de Tippit avaient été tirés avec le pistolet qu’Oswald avait en sa possession au moment où il avait été arrêté au Texas Theatre 35 minutes après le meurtre.(13) De plus, les enquêteurs du Comité intérrogèrent des témoins présents sur les lieux du meurtre de Tippit. En se basant sur le fait qu’Oswald avait en sa possession l’arme du crime peu de temps après le meurtre et sur les identifications des témoins reconnaissant Oswald comme le tireur, le Comité conclut qu’Oswald avait tué l’officier de Police Tippit. Le Comité conclut de plus que ce crime commis alors qu’il avait quitté les lieux de l’assassinat, était compatible avec la conclusion qu’Oswald avait assassiné le Président. La Commission Warren avait enquêté la possibilité qu’Oswald et Tippit aient été associés avant l’assassinat, mais avait échoué dans sa recherche d’une quelconque association. De la même façon, l’enquête du Comité ne découvrit pas de preuve directe d’une telle relation ni n’attribua à Tippit quelque activité ou association qui aurait pu paraître suspecte. Le Comité découvrit et interrogea cependant un témoin qui n’avait pas été questionné par la Commission Warren ou le FBI en 1963-1964. Il se prénomme Jack Ray Tatum et il disait avoir assisté au derniers moments du meurtre de l’officier de Police Tippit. Oswald, selon Tatum, après avoir abattu Tippit de sa position sur le trottoir, avait fait le tour de la voiture de patrouille jusqu’à l’endroit où Tippit était étendu dans la rue et se trouvait au dessus de lui au moment où il lui avait tiré à bout portant une balle dans la tête. Cette façon de faire que l’on rencontre souvent dans des meurtres de gangsters et communément décrit comme un coup de grâce, reflète davantage une exécution qu’un acte d’auto-défense destiné à permettre la fuite ou éviter d’être appréhendé. En l’absence de preuve supplémentaire - que le Comité n’a pas approfondi - la signification de cette preuve doit demeurer incertaine. (14)

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b) Oswald : une aptitude à la violence :

Le Comité eximina également la question de savoir si des paroles ou gestes d’Oswald indiquaient qu’il était prédisposé à la violence. La présence d’un tel trait de caractère pris isolément ne prouverait pas grand chose. Néanmoins, l’absence de paroles ou de gestes indiquant une aptitude pour la violence serait incompatible avec la conclusion selon laquelle Oswald avait assassiné le Président et serait probante d’une certaine façon. Dans ce cadre, le Comité nota qu’Oswald avait manifesté plus d’une fois une telle conduite. L’exemple le plus flagrant est le meurtre de Tippit. L’homme qui avait tiré sur Tippit à quatre reprises l’avait fait dans un espace et à une distance proche pour causer la mort. Il n’y avait aucun doute que l’homme qui avait abattu Tippit avait l’intention de le tuer, et comme mentionné plus haut, le Comité arriva à la conclusion qu’Oswald était cet homme. Un autre exemple d’une telle conduite se produisit au Texas Theatre au moment de l’arrestation d’Oswald. Tous les officiers de Police présents - et Oswald lui-même - déclarèrent qu’Oswald avait essayé de résister physiquement à son arrestation. L’incident est particulièrement significatif, si, comme l’ont certifié certains officiers de Police présents, Oswald tenta, quoique sans succès, de tirer avec son revolver au cours du déroulement de la lutte. Un autre incident pris en considération par le Comité pour évaluer la prédisposition d’Oswald pour la violence fut la tentative de meurtre contre le Général Edwin A. Walker le 10 avril 1963. La Commission Warren avait conclu qu’Oswald avait tiré sur Walker et que ceci démontrait sa "propension à agir de manière dramatique, de façon violente à cette occasion, pour servir ses convictions". Beaucoup de critiques de la Commission, cependant, mirent en cause la conclusion selon laquelle Oswald était le tireur dans le cas de Walker. Le Comité s’en remit à l’analyse scientifique pour faire la lumière sur ce problème. Comme mentionné plus tôt, la preuve qu’Oswald possédait un Mannlicher-Carcano était concluante. Le panel du Comité chargé des armes à feu examina le fragment de balle qui avait été retiré du mur du domicile du Général Walker et trouva qu’il avait des caractéristiques similaires aux balles tirées par le fusil Mannlicher Carcano d’Oswald. Par ailleurs, l’analyse par activation neutronique confirma qu’il s’agissait probablement d’une balle de Mannlicher. De plus, le Comité pris en considération le témoignage de Marina Oswald qui déclara, entre autres choses, que Lee Harvey Oswald lui avait dit qu’il avait tiré sur Walker. Qui plus est, les experts en graphologie du Comité établirent qu’une note manuscrite qui d’après le témoignage de Marina Oswald, lui aurait été adressé par son mari avant la tentative de meurtre contre Walker, avait été écrite par Oswald. Cette note non datée, bienqu’elle ne faisait pas mention du Général Walker, indiquait clairement qu’Oswald était sur le point d’accomplir un acte au cours duquel il pouvait être tué ou mis en détention. (15)Le Comité arriva à la conclusion que la preuve suggérait fortement qu’Oswald avait essayé de tuer le Général Walker et qu’il possédait une aptitude à la violence. Cette preuve vient à l’appui de la conclusion du Comité selon laquelle Oswald assassina le Président Kennedy.


c) Le mobile :

Trouver un mobile possible pour qu’Oswald ait assassiné le Président Kennedy fut un des problèmes les plus difficiles rencontrés par la Commission Warren. La Commission déclara que plusieurs facteurs étaient sans doute réunis dans la motivation d’Oswald pour l’assassinat et la Commission ne croyait pas qu’on pouvait lui attribuer un seul mobile ou un ensemble de mobiles. La commission nota l’hostilité prépondérante d’Oswald envers son environnement, sa quête d’un rôle dans l’Histoire en qualité de grand homme, son engagement dans le marxisme, sa capacité à agir de manière décisive sans considération des conséquences quand une telle action servait ses buts du moment. Le Comité reconnaissait que chacun des facteurs listés par la Commission Warren caractérisait de façon exacte les divers aspects des convictions politiques d’Oswald, que ces facteurs étaient un facteur dominant dans sa vie et qu’en l’absence de preuve plus irresistible, il fut conclu qu’ils offraient une explication probante de son mobile pour tuer le Président. C’est le jugement du Comité que dans les 5 dernières années de sa vie, Oswald était préoccupé par l’idéologie politique. La première manifestation claire de sa préoccupation fut sa fuite en Union Soviétique à l’automne 1959 à l’âge de 20 ans. Cette action, à elle seule, était une indication de son engagement politique profond. Les déclarations qui accompagnèrent l’acte allaient même plus loin. Oswald déclara aux officiels de l’Ambassade Américaine à Moscou qu’il voulait renoncer à sa citoyenneté et qu’il avait l’intention de donner aux Russes des informations qu’il possédaient et qui concernaient le Corps des Marines et les opérations radar. Dans des lettres écrites à son frère Robert, précisa qu’en cas de guerre il n’hésiterait pas à se battre du côté des Russes contre sa famille et contre son ancien pays. L’importance suprême de son engagement politique était indiqué sur une lettre dans la quelle il informait sa famille qu’il ne désirait pas communiquer davantage avec eux et qu’il entamait une nouvelle vie en Russie. Il se reflétait aussi dans sa tentative de suicide quand il fut informé qu’il n’était pas autorisé à séjourner en Union Soviétique. Pour établir ce que furent les forces dominantes de la vie d’Oswald, le Comité, par conséquent, se reposa sur l’empressement d’Oswald à renoncer à sa citoyenneté, à trahir des secrets militaires, à prendre les armes contre sa propre famille, et à donner sa propre vie, si nécessaire, pour servir ses convictions. A propos du retour d’Oswald aux Etats-Unis et de son départ de l’Union Soviétique en 1962, bien que sa ferveur pour ce pays ait pu diminuer, ses paroles et actions dépendaient toujours de motifs idéologiques. Oswald n’essaya pas de cacher ou de nuancer ses convictions bien profondes. Ils les exposait à ceux avec qui il était en relation, même quand on pouvait s’attendre à ce qu’ils y soient opposés. Il s’abonna à des publications marxistes et communistes telles que " The Worker" et "The Militant", et il correspondait ouvertement avec le Parti communiste américain et avec le Parti socialiste ouvrier. Sa dévotion à ses convictions politiques était puissamment symbolisée par la photographie, authentifiée par les panels d’experts graphologiques et photographiques, sur laquelle il brandit d’un air provocant des exemplaires du "Worker" et du "Militant" et son fusil, avec une arme de poing attachée à la ceinture. Son engagement dans le "Fair Play for Cuba Committee" était un autre exemple du goût d’Oswald pour l’action politique. Cette organisation était hautement critique envers la politique Américaine vis à vis du gouvernement cubain de Fidel Castro. Non seulement Oswald déclarait être un membre de l’organisation mais il choisit typiquement de devenir un porte-parole particulièrement visible. Il correspondait avec le bureau national, distribuait des tracts dans les rues de la Nouvelle Orléans et prit part à deux reprises à un programme radiophonique local se présentant lui-même comme un porte parole de l’organisation. Le Comité reconnut pleinement qu’au cours des activités d’Oswald à la Nouvelle Orléans il devint apparemment impliqué avec des éléments anti-castristes, bien que de telles activités de la part d’Oswald n’aient jamais été pleinement expliquées. En prenant en considération la profondeur de son engagement politique, il n’aurait pas été surprenant qu’Oswald ait tenté d’infiltrer des organisations cubaines anti-castristes. Car ce point significatif hormis le fait de les rejoindre, est un autre exemple de la prépondérance de l’activité politique dans la vie d’Oswald.

Peu de temps avant l’assassinat du Président, Oswald se rendit à Mexico, où il alla au Consulat Cubain et manifesta le vif désir de se rendre à Cuba et en Russie. Une fois de plus, il apparaît qu’ Oswald était prêt à quitter sa famille et son pays pour satisfaire un but politique. On ne sait pas précisément pourquoi Oswald voulait se rendre à Cuba ou en Russie, mais c’était certainement significatif qu’il ait choisi ces deux pays en particulier, tous deux marxistes. Finalement, en considérant l’étendue des agissements d’Oswald au nom de ses convictions politiques, les coups de feu dirigés vers Walker étaient significatifs. Comme mentionné plus haut, le Comité arriva à la conclusion qu’Oswald avait essayé de tuer le Général Walker en avril 1963. Dans la ville de Dallas il n’y avait pas de personnalité qui personnifiait aussi bien l’anti-communisme que le Général Walker. Considérant les activités diverses auxquelles Oswald consacrait son temps, ses efforts et son existence même, le Général Walker pouvait être aisément considéré comme "l’ennemi suprême". On sait qu’Oswald était prêt à risquer la mort pour ses convictions, aussi il n’est certainement pas incohérent de découvrir qu’il ait pu essayer de tuer Walker, un homme qui était intensémment opposé à son idéologie. En analysant le mobile politique possible d’Oswald, le Comité considéra le fait qu’une position propre dans le spectre politique est assez éloignée de la droite vers la gauche, ce qui pouvait être d’une certaine façon reconnu comme des points de vues remarquablement dissemblables pouvait être considéré comme idéologiquement liés. En termes de pensée politique américaine, le Général Walker était un conservateur à toute épreuve et le Président était un libéral. Là où Walker était farouchement anti communiste, Kennedy était le leader du monde libre en lutte contre le communiste. Walker était militariste. Kennedy avait ordonné l’invasion de Cuba avait fait route avec la menace d’une guerre nucléaire évitée de justesse durant la crise des missiles de Cuba. Par conséquent, il pouvait être avancé qu’Oswald pouvait avoir vu Walker et Kennedy sous le même éclairage idéologique. La profondeur et la direction de l’engagement idéologique d’Oswald est, par suite, clair. La politique était la force dominante en lui jusqu’aux derniers jours quand ayant été arrêté il demanda d’être représenté par un homme de loi bien en vue dans la défense des communistes. Bien qu’aucun but idéologique spécifique que pouvait atteindre Oswald en assassinant le Président n’ait été démontré de manière certaine, il apparru au Comité que la motivation dominante, compatible avec ses activités connues et ses convictions, pouvait avoir été le désir de faire un geste politique. Il semble raisonnable pour conclure que l’unique meilleure explication de l’assassinat résidait dans sa conception de l’action politique, basée sur sa vue idéologique mélée au monde environnant.
 


1 - Dans beaucoup de ses conclusions, le panel de pathologistes médico-légaux vota à 8 contre 1, avec le vote contraire constant de H. Wecht, Maryland, coroner du Comté de Allegheny , Pensylvanie. Dans tous les renvois aux conclusions du panel, sauf si le vote est explicitement établi qu’il était unanime, il doit être admis que le Docteur Wecht était en dissidence.

2 - Dans son rapport, le panel d’expert de la preuve photographique indiqua que le Gouverneur Connally réagissait à ses blessures environ une seconde après le Président Kennedy.Cet intervalle pourrait avoir été moindre, car un panneau de signalisation obstruant le champ de vision de Zapruder empêchait d’étudier la réaction du Gouverneur immédiatement après que le Président paraissait le premier réagir une fois atteint.
3 - L’ autre fragment important retrouvé sur le plancher de la limousine n’avait pas de rapport, et par conséquent il ne fit pas l’objet de l’analyse par activation neutronique.

4 - Il n’existe pas de méthode scientifique pour déterminer le temps écoulé entre le moment où un coup de feu frappe quelqu’un et le moment où il réagit de manière visible. Différentes personnes ont des temps de réaction différents, le temps de réaction d’une personne dépend de l’endroit où elle a été atteinte.

5 - Le comité estima utiliser la vue 328 comme point de départ possible. Dans son analyse, le coup de feu à la tête intervenant à l’image 312,selon les résultats de l’analyse acoustique, proviendrait de la bute herbeuse. Cette alternative fut cependant rejetée.

6 - Une description plus détaillée du raisonnement ayant conduit à cette conclusion figure à la section 1-B.

7 - Le panel utilisa à la fois l’emplacement des blessures et l’image n°312 du film de Zapruder pour déterminer "l’inclinaison" vers le bas du coup fatal à la tête. On n’essaya pas de déterminer l’inclinaison de la balle qui frappa le dos du Président car le moment de l’impact ne fut pas estimé être suffisamment visible sur le film. Cette décision du panel des pathologistes médico légaux fut prise bien avant que le panel photographique en soit arrivé à ses conclusion à propos des réactions du Président et du Gouverneur telles qu’elles apparaissaient dans le film de Zapruder.

8 - Le panel du comité chargé des armes à feu établit que la pièce à conviction entreposée aux Archives Nationales allait balistiquement bien avec les balles tests tirées par le FBI en 1964 avec le Mannlicher Carcano retrouvé par Boone. Depuis que le fusil avait été plusieurs testé à balles réelles en 1963, son canon avait été altéré par l’usure, et les balles tests que tira le panel du comité avec le fusil ne correspondaient ni aux cartouches tests du FBI ni à celles retrouvées au sixième étage du dépôt ou sur le brancard.

9 - Le comité essaya aussi d’obtenir l’analyse d’autres documents de la part de ses experts en graphologie, tels que la commande du fusil et l’enveloppe à l’intérieur de laquelle elle avait été postée. L’original cependant avait été détruit et les copies microfilms qui existaient n’étaient pas propices à des tests concluants.

10 - Les empreintes digitales figurant sur les trois cartes furent examinées l’expert en empreinte digitale du Comité et établit qu’elles appartenaient à la même personne.

11 - Marina Oswald, en raison de son témoignage, joua un rôle central mais trouble dans l’enquête de la Commission Warren. La Commission compta beaucoup sur son témoignage pour démontrer à propos d’Oswald, alors qu’elle avait fait à plusieurs reprises des dépositions inconsistantes et incomplètes aux Services Secrets, au FBI et à la Commission. Le rôle de Marina dans l’enquête du Comité fut moins central depuis que l’examen du Comité sur ce qui s’était produit à Dallas reposait essentiellement sur les résultats de l’analyse scientifique. Le Comité ne trouva pas de preuve susceptible d’indiquer que Marina avait connaissance de l’assassinat et qu’elle avait aidé son mari de quelque manière que ce soit pour assassiner le Président. Dans son enquête relative à la conspiration, l’entreprise du Comité ne se servit pas du témoignage de Marina, depuis qu’elle affirmait en savoir un peu des associés d’Oswald à la Nouvelle Orléans ou à Dallas.

12 - Des études précédentes analysant les tailles relatives des parties constitutives des fusils exhibés dans des photographies postérieures à l’assassinat et qui remettaient en question l’identification du fusil omettaient de considérer l’effet de perspective dans la mesure où un objet est transformé en image dans une photo.

13 - Alors que le pistolet d’Oswald avait été partiellement modifié pour tirer des munitions différentes de celles du type conçu pour tirer avec, il ne fut pas possible pour le Comité de déterminer si les balles qui avaient tué Tippit avait été tirées avec. Le comité établit que les caractéristiques des balles étaient compatibles avec le fait d’avoir été tirées à l’aide du pistolet d’Oswald.

14 - A partir du rapport d’autopsie de Tippit, le Comité vérifia qu’il existait une blessure dans le corps qui était incliné de l’avant vers l’arrière. Bien qu’inexpliquée à l’origine, elle pourrait être compatible avec les observations de Jack Ray Tatum.

15 - En ce qui concerne la tentative d’assassinat de Walker, les rapports de la Police de Dallas établis au moment de la tentative et mentionnés dans le rapport Warren reflétaient qu’il y avait un témoin qui avait déclaré avoir vu plus d’une personne quittant les lieux après la fusillade. Un autre témoin, selon les rapports de la Police, déclarait avoir vu deux hommes, deux nuits avant la fusillade, se conduisant d’une manière suspecte au voisinage de la maison de Walker. Cependant, s’ils disent vrai, une possible implication résidait dans le fait qu’Oswald avait pu avoir des associés engagés dans une conspiration pour commettre un meurtre. Le Comité mena une enquête réduite pour voir si des pistes pouvant aider à identifier ces possibles associés pouvaient être explorées. Aucune pistes ne se manifestèrent et cette partie de l’enquête fut abandonnée.


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