JFK L’assassinat les questions
Dallas 22 novembre 1963

Site dédié à l’assassinat du Président Kennedy et à l’étude des questions sans réponse pleinement satisfaisante près de 60 ans après les faits.

FINCK Pierre (Colonel)

Un des médecin du Bethesda Hospital en charge de l’autopsie du Président.


par Pierre NAU

Avertissement : La traduction de ce témoignage est ma propriété exclusive. Il ne peut être reproduit totalement ou partiellement sans mon autorisation.

Le président.
Colonel Finck. Colonel, veuillez lever la main droite Colonel et prêter serment ? Jurez vous solennellement que le témoignage que vous allez faire devant cette commission sera la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, puisse Dieu vous aider.

Colonel Finck.
Oui.

Le président.
Veuillez vous asseoir, s’il vous plaît, mon colonel.?

Monsieur Specter.
Veuillez déclarer votre identité pour le procès-verbal ?

Colonel Finck.
Mon prénom est Pierre. Mon initiale du milieu est "A". Mon nom est Finck

Monsieur Specter.
Quel est votre profession, Monsieur ?

Colonel Finck.
Je suis médecin.

Monsieur Specter.
Et par qui êtes-vous employé ?

Colonel Finck.
Par l’US Army.

Monsieur Specter.
Et quelle est votre grade ?

Colonel Finck.
Je suis lieutenant colonel dans le Corps Médical.

Monsieur Specter.
Où avez-vous obtenu votre diplôme de médecin ?

Colonel Finck.
A l’Université de Genève à la faculté de Médecine en Suisse.

Monsieur Specter.
Et en quelle année avez-vous obtenu votre diplôme ?

Colonel Finck.
En 1948.

Monsieur Specter.
Quelle a été votre expérience dans la profession médicale à la suite de l’obtention de ce diplôme ?

Colonel Finck.
J’ai fait 4 ans de formation en pathologie après mon internat, 2 ans, y compris 2 ans de pathologie à l’institut universitaire de pathologie à Genève, en Suisse, et 2 ans à l’université du Tennessee à l’institut de pathologie de Memphis, Tennessee.

Monsieur Specter.
Et depuis quand êtes-vous dans l’U S Army ?

Colonel Finck.
Depuis 1955.

Monsieur Specter.
Et en quoi vos fonctions dans l’armée ont consisté ?

Colonel Finck.
De 1955 à 1958 j’ai pratiqué approximativement 200 autopsies, bon nombre d’entre elles concernant des traumatismes comprenant des blessures par balles, j’ai été posté à Frankfort, en Allemagne comme pathologiste de l’hôpital des armées des Etats-Unis à Francfort, en Allemagne.

Monsieur Specter.
Avez-vous eu une formation ou une expérience additionnelle et spéciale dans des blessures par balles ?

Colonel Finck.
Pendant ces 3 dernières années j’étais chef de la branche de pathologie des blessures balistiques de l’institut de pathologie des forces armées et du fait de cette responsabilité j’ai passé en revue personnellement tous les cas qui nous avaient été transmis par les forces armées, et quelques cas civils des Etats-Unis et de nos forces de l’outre-mer. Le nombre de ces cas s’élève approximativement à 400. J’ai été appelé comme conseiller dans le domaine des blessures par balles pour ce cas particulier, et l’année dernière également en février 1963, le chirurgien en chef de l’Army m’a envoyé au Vietnam pour une mission relative à l’étude des blessure balistiques, j’ai dû témoigner dans un procès pour meurtre impliquant un fusil de 30/30 au cours de la première semaine de mars cette année et je suis revenu hier après avoir passé une semaine au Panama où j’ai dû témoigner. J’ai été envoyé au Panama par le secrétaire de l’Army pour ce qui concerne les morts intervenues lors des événements des 9 et 10 Janvier 1964.

Monsieur Specter.
Avez-vous été certifié par l’Académie américaine de Pathologie, Docteur Finck ?

Colonel Finck.
J’ai été certifié en pathologie anatomique par l’Académie américaine de Pathologie en 1956, et dans le domaine de la pathologie médico-légale par cette même Académie américaine de Pathologie en 1961.

Monsieur Specter.
Voudriez-vous décrire brièvement pour la Commission en quoi consiste la pathologie médico-légale ?

Colonel Finck.
La pathologie médico-légale est l’étude à l’œil nu et au microscope des blessures, incluant les blessures par arme à feu, les traumatismes en général. En résumé, c’est la partie de la pathologie en relation avec l’aspect légal, mort violente par homicide, par suicide, accidentelle ou indéterminée. Elle comprend également les morts inexpliquées, les morts soudaines et l ‘empoisonnement.

Monsieur Specter.
Avez-vous eu l’occasion de participer à l’autopsie du défunt Président Kennedy ?

Colonel Finck.
Oui ; j’y ai pris part.

Monsieur Specter.
Et êtes-vous un des trois co-auteurs du rapport d’autopsie qui a été répertorié et présenté ici comme preuve précédemment ?

Colonel Finck.
Oui.

Monsieur Specter.
Avez-vous eu l’occasion de conduire des expérimentations sur l’effet de la pénétration de projectile dans le cerveau qui apparaît dans le rapport que vous avez emmené avec vous aujourd’hui ?

Colonel Finck.
Non, Monsieur.

Monsieur Specter.
Du crâne—permettez moi de formuler la question de cette manière : Avant que vous en parliez, à quoi se rapporte le test qui est décrit dans le document ?

Colonel Finck.
Il se base sur mes observations, pas sur des expérimentations.

Monsieur Specter.
Voudriez-vous me donner ceci, Monsieur, de façon à ce que je puisse le répertorier comme pièce à conviction de la Commission et ensuite je vous demanderai de l’identifier, s’il vous plaît ?
Monsieur le Président de la Cour Suprême, puis-je répertorier ce document comme pièce à conviction No 400 de la Commission ?

Le Président.
Il peut être répertorié.
(Le document a été répertorié comme pièce à conviction n° 400 de la Commission pour l’identification.)

Monsieur Specter.
Je demanderai au Docteur Finck de bien vouloir nous le décrire, s’il vous plaît.

Colonel Finck.
Ceci est un schéma que j’ai préparé avant le 22 Novembre. C’est un schéma d’école, mais il s’applique au cas objet de la discussion. Il sera d’une aide pour comprendre comment j’ai pu identifier l’orifice d’entrée et de sortie d’après l’examen de l’os. "A" représente la portion osseuse du crâne. "B" représente la cavité de la tête, la cavité crânienne. "C" représente l’orifice d’entrée et "D" représente l’orifice de sortie. La flèche indique le trajet de la balle. Ce schéma est basé sur l’observation des blessures de part en part de l’os et les mêmes différences s’appliquent à une glace en verre. La surface frappée par la balle en relation avec la surface frappée ensuite par la balle, celle-ci, montre un diamètre plus petit, qui signifie que si vous regarder la trajectoire d’entrée ici C dans ce cas, vous ne verrez pas un cratère de l’extérieur. Si vous l’examiner de l’intérieur, vous verrez un cratère correspondant au bevelling, au cône, au shelving, précédemment décrits par le Commandant Humes. Dans le cas dont nous parlons aujourd’hui, il était possible d’avoir assez de courbure et assez de portion de cratère pour identifier de façon certaine l’entrée de la blessure à l’endroit de l’os.

Monsieur Specter.
En se reportant à votre évaluation de la situation pour ce qui concerne le Président Kennedy, et en se tournant vers la pièce à conviction n° 388 de la Commission, quelle est votre opinion en ce qui concerne le point A : est-ce une blessure d’entrée ou de sortie ?

Colonel Finck.
Mon opinion en ce qui concerne la pièce à conviction n°388, la lettre A, c’est que cette blessure est une blessure d’entrée.

Monsieur Specter.
Et quelles sont les caractéristiques de cette blessure qui vous ont conduit à cette conclusion ?

Colonel Finck.
Les caractéristiques étaient que vu de l’intérieur du crâne, je pouvais voir un biseautage dans l’os, un biseautage qui ne pouvait pas être vu quand la blessure était observée de l’extérieur du crâne.

Monsieur Specter.
Y a t-il d’autres caractéristiques propres qui vous ont amené à en conclure que A était une blessure d’entrée ?

Colonel Finck.
Non.

Monsieur Specter.
Etiez-vous présent quand les trois morceaux de la boîte crânienne on été rassemblés pour former la majeure partie de la portion absente du crâne du Président Kennedy que le Docteur Humes a décrit ?

Colonel Finck.
J’étais présent au moment où plusieurs portions d’os ont été apportés.

Monsieur Specter.
Et qu’avez-vous observé, s’il y a lieu, en ce qui concerne le trou reconstitué à partir de ces trois portions de crâne ?

Colonel Finck.
Puis-je me référer à mon schéma ?

Monsieur Specter.
Faites-le s’il vous plaît.

Colonel Finck.
Pour la clarté de la démonstration.

Monsieur Specter.
Bien.

Colonel Finck.
Au niveau de la blessure de sortie, E, dans mon schéma, la pièce à conviction n°400 de la Commission, quand on la regardait de l’intérieur du crâne, il n’y avait pas de cratère, alors que lorsque la blessure était vue de l’extérieur du crâne, il y avait un biseautage, un cratère, ou un cône—il est possible de déterminer un orifice de sortie même si seulement une portion d’os est soumise à l’examen, pourla raison que si il y a assez d’os examiné, il y a assez de courbure pour identifier l’intérieur et l’extérieur du crâne. Par conséquent le fragment, pour vous donner un exemple, cette portion au niveau de la blessure de sortie peut être orientée, et la surface interne et externe du crâne peuvent être identifiées grâce à la courbure.
Et quand vous regardez en direction du biseautage et en voyant le biseautage quand vous regardez de l’extérieur vous pouvez identifier un orifice de sortie. Et c’est ce que j’ai fait, et maintenant je me reporte au véritable cas en discussion, la pièce à conviction n°388 de la Commission .

Monsieur Specter.
Qui est B ?

Colonel Finck.
La lettre B. Nous voyons des portions d’os dans cette zone en général, la grande blessure dans l’os du côté droit du crane du Président Kennedy. J’avais assez de courbure pour identifier l’extérieur et l’intérieur du crane pour dans un premier temps orienter le spécimen, je pouvais ensuite déterminer l’emplacement du biseautage et j’étais en mesure par conséquent de dire que B, la pièce à conviction n°388 de la Commission, était une blessure de sortie.

Monsieur Specter.
En se basant sur vos observations et conclusions, le Président Kennedy a t-il été frappé de l’avant, de l’arrière, latéralement ou quoi ?

Colonel Finck.
A mon avis, le Président Kennedy a été frappé de l’arrière. La balle est à l’arrière de la tête et est ressortie du côté droit de ce crâne, produisant a large blessure, la plus grande dimension de celle-ci mesurait approximativement 13 centimètres.

Monsieur Specter.
Et en ce qui concerne l’angle, le coup provenait-il de dessous, de niveau, de dessus, ou quoi à votre avis ?

Colonel Finck.
A mon avis, l’angle ne peut être déterminé qu’approximativement à cause du fait que cette blessure d’entrée est plutôt petite et pouvait donner assez de précision dans la détermination de la trajectoire, mais la dimension de la blessure de sortie, la lettre B de la pièce à conviction n° 388, est si vaste que nous ne pouvons que donner qu’un angle approximatif. A mon avis, l’angle faisait dans les 45 degrés par rapport au plan horizontal.

Monsieur Specter.
Est-ce que cela veut dire qu’il y avait un angle d’inclinaison de 45° du point d’origine par rapport au point d’impact, du point d’origine de la balle d’où la balle avait été tirée du fusil par rapport au point où elle a frappé le Président Kennedy ?

Le Président
En d’autres mots, vous voulez dire qu’il a tiré de dessus ou de dessous.

Monsieur Specter.
Oui.

Colonel Finck.
Je pense que je peux seulement dire, Monsieur, qu’il a tiré de dessus et de derrière.

Monsieur Specter.
A présent je demande l’admission comme preuve la pièce à conviction n°400, Monsieur le Président de la Cour Suprême.

Le Président.
Elle peut être admise.
(le document a été répertorié comme pièce à conviction nº 400 pour l’identification et a été recueilli comme preuve.)

Monsieur Specter.
en ce qui concerne la pièce à conviction 385, Docteur Finck, le point C était-il, à votre avis, un orifice d’entrée ou de sortie.?

Colonel Finck.
D’après moi, le point C de la pièce à conviction nº 385 de la Commission était une blessure d’entrée.

Monsieur Specter.
Et sur quoi repose cette conclusion ?

Colonel Finck.
La base de cette conclusion est que la blessure est relativement petite et avec des rebords nets. Ce n’était pas une blessure ciselée, et c’est ce que l’on voit dans une blessure d’entrée d’un coup tiré à longue distance.

Monsieur Specter.
étiez-vous présents aujourd’hui et avez-vous entendu le témoin gage complet du docteur Humes ?

Colonel Finck.
Oui, j’y étais.

Monsieur Specter.
et êtes-vous d’accord avec les déclarations et opinions du docteur Humes concernant concernant le point d’entrée C, le point de sortie D, et l’angle approximatif de la trajectoire de la balle ?

Colonel Finck.
Certainement.

Monsieur Specter.
D’où provenait alors le coup du point d’entrée C qui a frappé le Président ?

Colonel Finck.
De derrière et de dessus.

Monsieur Specter.
A votre avis, Docteur Finck, les balles utilisées étaient-elles des balles de type dum-dum ?

Colonel Finck.
Dans quelle blessure, Monsieur ?

Monsieur Specter.
Eh bien, commençons par la blessure à la tête ou la blessure dans le dos, l’une ou l’autre.

Colonel Finck.
Dans toutes les blessures considérées, en se basant sur l’aspect de la blessure d’entrée, des balles de type dum-dum ne furent pas utilisées.

Monsieur Specter.
Et quelles caractéristiques des balles dum-dum étaient absentes, d’après vous—dans l’examen que vous avez fait de ces blessures ?

Colonel Finck.
J’attendrais davantage de ciselages, des blessures d’entrée plus grandes et plus irrégulières que celles décrites dans ce cas.

Le Représentant Ford.
Avec une balle de type ?

Colonel Finck.
Avec une balle de type.

Monsieur Specter.
En ce qui concerne la question de la probabilité pour que le Gouverneur ait été frappé dans le dos et dans la poitrine par la même balle qui avait traversé le Président Kennedy (pièce à conviction nº 385), quelle réduction de vélocité devrait-on avoir, si tenté qu’il y en est une, en considérant les positions relatives des deux hommes dans l’automobile telles qu’elles apparaissent dans la photographie répertoriée comme pièce à conviction nº 398 ?

Colonel Finck.
Naturellement, pour atteindre des calculs précis nous avions besoin d’expérimentations et de circonstances analogues avec le même type de munitions, à la même distance à travers 2 cadavres humains, ce que nous n’avons pas fait.
En se basant sur le fait que si nous supposions qu’une seule balle était passée à travers le corps du président Kennedy et également de celui du Gouverneur Connally, la réduction de vélocité devait être importante après que la balle soit passée à travers le corps du président Kennedy, mais la balle n’ayant pas frappé d’os, la réduction de vitesse devait être minime après la traversée du corps du président Kennedy.

Monsieur Specter.
Y a-t-il eu la force de suffisante pour infliger la blessure que le docteur Humes a décrit à partir des rapports du Parkland Hospital comme ayant été infligée au dos et à la poitrine du gouverneur Connally ?

Colonel Finck.
Il devait y avoir assez d’énergie pour traverser le corps du gouverneur.

Monsieur Specter.
En exprimant votre opinion sur ce sujet, Docteur Finck, avez-vous pris en compte les hypothèses de distance, que nous traitons ici avec une arme qui possède une vitesse initiale légèrement supérieure à 2000 pieds par seconde environ et que le véhicule transportant ces deux personnes se trouvait approximativement à 150 pieds, à 150 pieds environ de l’origine de sortie de la balle ?

Colonel Finck.
A cette distance, une balle de cette vélocité perd très peu de vitesse et concerve jusqu’au point d’impact une quantité considérable d’énergie cinétique.

Monsieur Specter.
Vous avez entendu l’intégralité du témoignage du docteur Humes, n’est-ce pas ?

Colonel Finck.
Oui.

Monsieur Specter.
Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter à ce qu’il a dit ?

Colonel Finck.
Non.

Monsieur Specter.
Ou aimeriez-vous modifier son témoignage de quelque manière que ce soit ?

Colonel Finck.
Non.

Monsieur Specter.
Etes-vous d’accord avec les observations et les procédures qu’il a souligné au cours de son témoignage ?

Colonel Finck.
Oui.

Monsieur Specter.
Telles qu’elles ont été conduites sur le Président Kennedy ?

Colonel Finck.
Oui.

Monsieur Specter.
Et partagez-vous intégralement les opinions qui ont été exprimées aujourd’hui au cours de son témoignage ?

Colonel Finck.
Oui.

Le Président.
Vous pouvez vous asseoir, Colonel.

Monsieur McCloy.
Vous êtes tout aussi honnête assis que debout.

Le Représentant Ford.
Combien de cas avez-vous investigué pour développer cette théorie illustrée par la pièce à conviction nº 400 de la Commission ?

Colonel Finck.
Parmi les 400 cas que j’ai examinés, plusieurs d’entre eux—je ne peux pas vous donner le chiffre exact, je ne les comptabilise pas, mais beaucoup d’entre eux présentaient tous des blessures de part en part du crâne, aussi bien à travers des os plats, qu’à travers le sternum par exemple, l’os que nous avons en face de notre poitrine car ceci s’appliquerait également à une blessure traversant le sternum. J’ai des cas comme ceci.
Il y a des cas spécifiques dans lesquels j’étais capable d’identifier l’entrée au niveau du sternum sur la même base de critères que j’ai donnés pour le crâne. Quel que soit l’endroit où une balle traverse un os plat, elle produira ce biseautage, ce cratère, rayonnant et ceci je l’ai vu dans de nombreux cas.

Le Représentant Ford.
Est-ce une théorie généralement admise dans la profession médicale ?

Colonel Finck.
Oui, Monsieur, c’est le cas. Suis-je autorisé à citer un manuel courant ?

Le Président.
Vous pouvez, oui Monsieur.

Colonel Finck.
Le manuel de médecine légale, pathologie et toxicologie de Gonzalez, Vance, Halpern et Umberger ne donne pas de schéma comme je vous ai montré aujourd’hui, mais il décrit un critère semblable.
Comme vous le savez, un des auteurs du livre que j’ai mentionné est encore examinateur médical en chef à New York, et traite 20 000 examens médicaux par an.

Monsieur Specter.
Docteur Finck, après la trajectoire C-D décrite dans la pièce à conviction No. 385, avait-on une trajectoire rectiligne par rapport à l’arme elle-même, ou est-ce que cette trajectoire a été déviée ou modifiée lors de la traversée du corps du Président Kennedy ?

Colonel Finck.
En réalité, la balle n’ayant pas frappé de structures osseuses, la trajectoire C-D est une ligne droite avec peu ou pas de déviation.

Monsieur Specter.
Docteur Finck, avez-vous eu l’occasion d’examiner la pièce à conviction n° 399 de la Commission ?

Colonel Finck.
Cette après-midi pour la première fois, Monsieur.

Monsieur Specter.
Et en se basant sur votre examen de cette balle, avez-vous un avis si dans l’état actuel où elle se trouve elle a pu traverser le Président Kennedy selon C-D (pièce à conviction 385) et ensuite infliger la blessure dans le dos et la poitrine du Gouverneur Connally ?

Colonel Finck.
Oui, je pense. Voici une balle qui montre des marques indiquant que la balle a été mise à feu. Le second point est qu’il n’y a pratiquement pas de perte de matière sur cette balle. Elle a gardé son calibre et ses dimensions initiales. Il n’y a pas de preuve que la majeure partie de son revêtement ait disparu et je considère qu’il est possible que cette balle ait traversé les blessures que vous avez décrites.

Monsieur Specter.
Est-il possible que cette balle ait traversé le Président Kennedy comme indiqué sur la pièce à conviction n° 388 ?

Colonel Finck.
A travers la tête du Président Kennedy ? comme indiqué sur la pièce à conviction n° 388 ?

Colonel Finck.
Et rester intact de la façon dont nous la voyons maintenant ?

Colonel Finck.
Certainement pas.

Monsieur Specter.
Est-il possible que cette balle ait pu infliger la blessure au poignet droit du Gouverneur Connally ?

Colonel Finck.
Non ; pour la raison qu’il y a trop de fragments présent à l’intérieur de ce poignet.

Monsieur Specter.
Et l’état de la pièce à conviction n° 399 est-il cohérent avec le type de blessure décrite par le Docteur Humes dans la côte du Gouverneur Connally ?

Colonel Finck.
Oui.

Monsieur McCloy.
J’ai une question.

Le Président.
Allez-y.

Monsieur McCloy.
A partir de votre examen de la pièce à conviction n° 399, pouvez-vous identifier le calibre de cette balle ?

Colonel Finck.
Le calibre de cette balle, si je peux le mesurer, mais je ne peux pas la toucher.

Le Président.
Nous le pouvons.

Colonel Finck.
Je dirais que c’est cohérent avec un calibre de 6,5 mm.

Monsieur McCloy.
Le fusil Mannlicher de 6,5 vous est-il familier ?

Colonel Finck.
Je suis habitué au calibre 6,5. Je peux dessiner les calibres pour vous sur le tableau noir.

Monsieur McCloy.
Quelle est la vitesse initiale d’une balle de 6,5 millimètres de ce type ?

Colonel Finck.
De l’ordre de 2000 pieds par seconde.

Monsieur McCloy.
Et vous dites qu’il n’y aurait pas eu de diminution substantielle de cette vitesse soit au moment de l’impact ou au moment de la sortie ?

Colonel Finck.
C’est exact.

Monsieur Specter.
Une question de plus, Monsieur le Président de la Cour Suprême. Sur la pièce à conviction n°388, de A à B, quel est votre point de vue, Dr. Finck, à savoir si cela représente ou non une ligne droite conduisant à nouveau au point d’origine de l’arme ?

Colonel Finck.
La difficulté à interpréter la trajectoire A-B de la pièce à conviction n° 388 de la Commission réside dans le fait que, premièrement, il y a, comme mentionné auparavant, une blessure de sortie importante et que, deuxièmement , il y a une trajectoire secondaire comme indiqué par les fragments récupérés. Aussi nous pouvons faire une hypothèse et établir une direction générale, la trajectoire en général, l’angle en général de cette balle, qu’elle provenait de dessus et de derrière et que la balle,trés sensiblement fragmentée, est ressortie du côté droit de la tête du Président, mais qu’une portion de cette balle qui s’est sévèrement fragmentée a été retrouvé à l’intérieur du crâne.

Monsieur Specter.
En raison de l’impact sur le crâne au point A, il est peu probable que la ligne de retour vers le point B représentant la queule de l’arme soit une ligne droite comme c’est le cas, par exemple, de C vers D sur la pièce à conviction n°385.

Colonel Finck.
De C vers D, sur la pièce à conviction n°385 de la Commission, du fait qu’il n’y a pas de fragmentation, je peux dire qu’il s’agit d’une ligne droite venant de dessus et de derrière, alors qu’ici, à cause des fragmentations et de double trajectoire, je ne peux pas donner un angle précis, mais je peux dire que cette blessure est cohérente avec une blessure produite par une balle produisant de nombreux fragments.

Le Président
Senateur, avez-vous des questions que vous souhaitez poser ?

Monsieur McCloy.
Puis je en poser une ?

Le Président
Oui ; allez-y.

Monsieur McCloy.
Avez-vous examiné quelques uns des fragments qui ont été retirés du crâne du Président ?

Colonel Finck.
J’en ai seulement vu un que l’on m’a montré quand je suis arrivé à Bethesda, et c’était un fragment noir métallique de forme allongée et c’est le seul que j’ai vu pour autant que je m’en souvienne. On m’a dit qu’il avait été retiré du cerveau du Président Kennedy dans la partie antérieure de sa tête.

Monsieur McCloy.
A partir de cette balle, de ce fragment, pouviez-vous déterminer s’il était suffisamment grand pour en déduire de la preuve balistique le calibre de la balle ?

Colonel Finck.
Non Monsieur, pour la raison que pour déterminer le calibre vous avez besoin de l’intégralité de la balle, ou tout au moins un morceau entier. Vous avez besoin d’une portion de la balle montrant l’intégralité du diamètre, et on na m’a pas montré cela. On m’a montré un fragment qui représentait une très petite partie de la balle originale. Par conséquent, à ce moment-là je ne pouvais rien dire quant à la possibilité du calibre original.

Monsieur McCloy.
Vous n’avez pas examiné de fragments qui présentaient ces caractéristiques ?

Colonel Finck.
Non, Monsieur ; je n’ai pas vu l’intégralité de la balle ou une balle montrant l’intégralité du diamètre.

Le Président.
Représentant Ford ?

Le Représentant Ford.
Vous avez déclaré, Colonel, que vous étiez d’accord avec les témoignages précédents du Commandant Humes et du Commandant Boswell et que vous étiez un des co-auteurs de l’autopsie. Y a-t-il eu un désaccord, une différence d’opinion dans quoi que ce soit qui concernait l’autopsie entre l’un d’entre vous trois à un moment donné lors du déroulement de l’autopsie ?

Colonel Finck.
Non, Monsieur.

Le Représentant Ford.
Il y eut une complète unanimité sur ce que vous avez vu, ce que vous avez dit et ce que vous avez consigné dans votre rapport ?

Colonel Finck.
Oui, Monsieur.

Le Président.
Sénateur Cooper ?

Le Sénateur Cooper.
Colonel, j’aimerais que vous regardiez la pièce à conviction nº 388 et la trajectoire possible de la balle qui est entrée dans la tête du Président au point A et de le marquer ensuite comme un point possible de sortie par "out". Vous vous souvenez qu’il y a eu un témoignage à propos d’une portion de balle venant du point A et ses dirigeant vers l’endroit du diagramme marqué "fragment" là où un fragment a été retrouvé. j’aimerais vous demander s’il est possible que la trajectoire de la balle à partir du point d’origine ait pu être du point A vers ce point marqué "fragment" ou aussi bien du point A vers l’emplacement "Out" ?

Colonel Finck.
Je ne pense pas Monsieur.

Le Sénateur Cooper.
Pourquoi ? Pouvez-vous expliciter cette réponse ?

Colonel Finck.
Je pense que je dois considérer le milieu de la portion de cette sortie marquée B, la pièce à conviction n° 388, comme la blessure produite par la majeure partie des fragments et l’essentiel de la balle en train de se fragmenter. Ce n’est qu’une petite partie de celle-ci qui me fait dire que ceci est une trajectoire secondaire.

Le Sénateur Cooper.
Quelle était la taille du fragment par rapport à la taille de la balle de 6,5 mm du Mannlicher, tirée par le fusil Mannlicher de calibre 6,5 mm ?

Colonel Finck.
Approximativement 1/10 de la balle, ou peut-être moins.

Le Représentant Ford.
D’après vos nombreux cas d’études, est-ce typique pour une balle, un projectile dans une circonstance telle que celle indiquée dans la pièce à conviction nº 388 de se fragmenter à un degré tel que celui qui s’est apparemment produit ?

Colonel Finck.
Oui, c’est presque banal de trouver une blessure de sortie plus grande que la blessure d’entrée pour des armes communément utilisées.

Le Représentant Ford.
Mais est-ce typique pour la balle de se fragmenter à un degré tel que celui qui apparaît sur la pièce à conviction n° 388 ?

Colonel Finck.
Oui, çà l’est.

Le Représentant Ford.
Est-ce typique de trouver seulement un nombre limité de fragments comme s’est apparemment arrivé dans le cas présent ?

Colonel Finck.
Ceci dépend en grande partie du type de munition utilisée. Il y a beaucoup de type de balles, enveloppées d’une chemise ou non, pointues, à nez creux, à nez plat à nez rond, toutes ses formes différentes auront une influence différente sur le modèle de la blessure et le degré de fragmentation.

Le Représentant Ford.
C’est tout.

Le Président.
Merci beaucoup, Colonel, merci beaucoup de votre aide.

Colonel Finck.
Avec plaisir, Monsieur.

Le Représentant Ford.
Puis-je poser juste une question ?

Le Président.
Oui ; Colonel, nous aimerions juste vous poser une question supplémentaire.

Le Représentant Ford.
Ces deux blessures sont-elles la conséquence du même type ou d’un type différent de balles ?

Colonel Finck.
Vous faites référence à cette blessure et à cette autre ici ?

Le Représentant Ford.
Je fais référence à la blessure figurant sur la pièce à conviction nº 388 répertoriée comme point d’entrée A, et à la blessure figurant sur la pièce à conviction nº 385 répertoriée C.

Colonel Finck.
A cause de la différence de la nature des tissus, de la différence de la nature de la cible, il est parfaitement possible que ces deux blessures proviennent du même type de balles, que l’une ait frappé des structures osseuses et que l’autre ne l’ait pas fait, et c’est ce qui explique les différences entre le modèle de ces deux types de blessures.

Le Représentant Ford.
Pourquoi l’une s’est fragmentée et l’autre non.

Colonel Finck.
Oui.

(Discussion hors procès-verbal.)

Le Président.
Messieurs, encore une fois merci beaucoup.


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