TOMLINSON Darrel C.
Position : Parkland hospital

Avertissement : La traduction de ce témoignage est ma propriété exclusive. Il ne peut être reproduit totalement ou partiellement sans mon autorisation.

Le témoignage de Darrell C. Tomlinson a été recueilli le 20 Mars 1964, à l’hopital Parkland, à Dallas, Texas., par Monsieur Arlen Specter, avocat conseil de la Commission Présidentielle.



Monsieur Specter.
Mr. Tomlinson, voici Mademoiselle Oliver, c’est le greffier de la Cour. Veuillez s’il vous plaît vous mettre debout et lever votre main droite pour prêter serment ?
Jurez-vous solennellement que la déposition que vous allez faire, sera la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, puisse Dieu vous aider ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Veuillez décliner votre identité, pour le procès verbal ?

Monsieur Tomlinson.
Darrell Carlisle Tomlinson.

Monsieur Specter.
Mr. Tomlinson, le but de cette comparution est de recueillir votre déposition dans le cadre de l’enquête de la Commission Présidentielle à propos de l’assassinat du Président Kennedy et de déterminer avec vous les faits, s’il y en a, que vous connaissez et qui concernent l’assassinat du Président et les soins qui ont été apportés à l’hôpital Parkland au Président Kennedy ou au Gouverneur Connally, ou tout ce qui est arrivé à tout objet physique en rapport avec l’un ou l’autre des deux hommes.
Tout d’abord, avez-vous reçu une lettre vous avisant que la Commission désirait qu’un des hommes de loi de son staff recueille votre déposition à ce propos ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Est-ce que cette lettre contenait une copie de l’ordre portant création de la Commission ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Et une copie de la résolution du Congrès concernant la création de la Commission Présidentielle ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Et une copie de la résolution relative à l’interrogatoire des témoins par les membres du bureau de la Commission ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Et souhaitez-vous que je vous pose aujourd’hui quelques questions à propos de ce que vous avez observé ou que vous savez à ce sujet ?

Monsieur Tomlinson.
Oui, Monsieur.

Monsieur Specter.
Et cela vous convient-il de commencer aujourd’hui plutôt que d’attendre 3 jours à partir du moment où vous avez reçu la convocation, ce qui était hier ?

Monsieur Tomlinson.
C’est sans importance.

Monsieur Specter.
Çà vous est égal ?

Monsieur Tomlinson.
C’est sans importance---c’est à votre convenance.

Monsieur Specter.
C’est bien. Nous apprécions ceci, Monsieur Tomlinson.
La raison est, que vous avez droit à un délai de trois jours, mais si çà vous est égal, alors nous aimerions continuer aujourd’hui et recueillir votre déposition.

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Nous appelons ceci un renoncement à un droit, si vous êtes d’accord pour discuter avec nous aujourd’hui, alors je souhaite poursuivre et le faire aujourd’hui ; c’est d’accord ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Bien, où travaillez-vous, Monsieur Tomlinson ?

>Monsieur Tomlinson.
Au Parkland Hospital.

Monsieur Specter.
Et quelle est votre fonction ?

Monsieur Tomlinson.
Je suis assimilé à un technicien supérieur.

Monsieur Specter.
Et dans quels domaines êtes-vous impliqué en général ?

Monsieur Tomlinson.
Je suis responsable de la centrale électrique ici à l’hôpital, qui prend en charge le chauffage et l’air conditionné pour l’ensemble du bâtiment.

Monsieur Specter.
Veuillez décrire l’agencement de la zone des urgences et comment l’on accède de la zone des urgences au blocs opératoires des urgences au deuxième étage du Parkland Memorial Hospital ?

Monsieur Tomlinson.
Vous voulez dire juste la disposition générale ?

Monsieur Specter.
Oui, Monsieur ; s’il vous plaît.

Monsieur Tomlinson.
Eh bien,,nous avons un ascenseur qui va du sous-sol au troisième étage, c’est ce que nous appelons l’ascenseur des urgences. Il se trouve dans la partie Sud de l’hôpital et c’est ce qui doit être la route la plus directe pour aller du rez de chaussée, où se trouve les urgences, vers les blocs opératoires au deuxième étage.

Monsieur Specter.
Maintenant, aviez-vous quelque chose à faire sur l’ascenseur le 22 novembre,en début d’après-midi ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Et qu’aviez-vous à faire sur l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, nous avions reçu un appel dans le bureau technique, le bureau du chef du bureau technique,et il a demandé à quelqu’un d’intervenir sur l’ascenseur.

Monsieur Specter.
Y avait-il un problème sur l’ascenseur qui avait un rapport avec une quelconque anomalie technique ?

>Monsieur Tomlinson.
Non, Monsieur ; c’était un type d’ascenseur courant, et s’il n’était pas bridé il s’arrêtait chaque fois que quelqu’un appuyait sur un bouton, et ils ont préféré le limiter aux aller et venues vers le second et le troisième étage, sauf instruction particulière de l’administrateur.

Monsieur Specter.
Ainsi, que faisiez-vous sur cet ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
On le verrouillait à partir du rez de chaussée, entre le rez de chaussée et le deuxième étage.

Monsieur Specter.
Aussi c’est de cette façon que vous avez opéré ?

Monsieur Tomlinson.
Oui ; on a fait une opération manuelle à l’extérieur de celui-ci.

Monsieur Specter.
Quand vous êtes arrivé à cet ascenseur, quelle heure était-il, pour le mieux que vous vous en souvenez ?

Monsieur Tomlinson.
Il était aux environs de 13 heures.

Monsieur Specter.
Y avait-il quelque chose dans l’ascenseur à ce moment là ?

Monsieur Tomlinson.
Il y avait un brancard.

Monsieur Specter.
Décrivez l’aspect de ce brancard A,s’il vous plaît.

Monsieur Tomlinson.
Je crois qu’il y avait des draps sur ce brancard et qu’il y avait une couverture blanche sur le matelas.

Monsieur Specter.
Excusez-moi, qu’avez-vous dit à propos de la couverture sur le matelas ?

Monsieur Tomlinson.
Je crois qu’il y avait un drap blanc sur le matelas.

Monsieur Specter.
Et y avait-il autre chose sur celui-ci ?

Monsieur Tomlinson.
Je ne pense pas qu’il y avait autre chose, je n’en suis pas sûr, mais je ne crois pas qu’il y avait autre chose.

Monsieur Specter.
Qu’avez-vous fait, si c’est le cas, avec ce brancard ?

Monsieur Tomlinson.
Je l’ai sorti de l’ascenseur et je l’ai mis tout contre le mur sud.

Monsieur Specter.
A quel étage ?

Monsieur Tomlinson.
Au rez de chaussée.

Monsieur Specter.
Y avait-il d’autre brancard dans cette zone à ce moment là ?

Monsieur Tomlinson.
Il y avait un brancard qui était déjà là, à environ 2 pieds du mur.
(le témoin indique sur un schéma ce à quoi il se réfère.)

Monsieur Specter.
Maintenant, vous venez de pointer sur un schéma ce que vous avez fait de cette situation, n’est-ce pas, alors que nous étions en train de parler, quelques minutes avant que le greffier n’ait commencé à recueillir votre témoignage ?

Monsieur Tomlinson.
Oui, Monsieur.

Monsieur Specter.
A présent, veuillez indiquer à l’encre avec mon stylo le brancard que vous avez retiré de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Je pense que c’était celui qui se trouve juste ici (le montrant).

Monsieur Specter.
Veuillez tracer à l’encre les contours de celui-ci et écrire à l’encre la lettre "A" juste au centre de celui-ci ?
(Le témoin se plie à la demande de l’avocat conseil Specter.)

Monsieur Specter.
A présent, veuillez indiquer à l’encre la position du brancard qui se trouvait déjà là au premier étage ?

Monsieur Tomlinson.
C’était au rez de chaussée.

Monsieur Specter.
Pardonnez moi, au rez de chaussée ? Y a-t-il une appellation pour le premier étage ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Où se trouve le premier étage ?

Monsieur Tomlinson.
Au dessus du rez de chaussée.Le sous-sol, le rez de chaussée, le premier, le second, et le troisième étage sont desservis par cet ascenseur.

Monsieur Specter.
A quel étage le Gouverneur Connally a-t-il été conduit, si vous le savez ?

Monsieur Tomlinson.
Il était au second, il était dans le bloc opératoire au second étage. Il y a là notre suite chirurgicale.

Monsieur Specter.
Et à quel étage se trouve l’entrée des urgences de l’hôpital ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, c’est au rez de chaussée --- c’est ici à l’arrière de l’hôpital, voyez-vous, elle a été construite là sur le plan incliné.

Monsieur Specter.
Et l’ascenceur que vous avez trouvé dans cette zone se trouvait au rez de chaussée ?

Monsieur Tomlinson.
L’ascenseur ?

Monsieur Specter.
Le brancard.

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Veuillez marquer d’un "B" le brancard qui se trouvait là au moment où vous avez sorti de l’ascenseur le brancard "A" ?

Monsieur Tomlinson.
(Le témoin se plie à la demande de l’avocat conseil Specter.) Je crois que c’est çà.

Monsieur Specter.
Maintenant, qu’avez-vous observé d’autre plus tard, si c’est le cas, à propos du brancard ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, Monsieur ; je ne me rappelle pas à quel moment exactement, mais un interne ou un docteur, je ne sais pas lequel des deux, est venu utiliser les toilettes Messieurs qui se trouve là dans le hall de l’ascenseur.

Monsieur Specter.
Où se trouve les toilettes Messieurs sur ce diagramme ?

Monsieur Tomlinson.
Ce doit être ici (le montrant) à côté du brancard "B".

Monsieur Specter.
Voudriez-vous tracer en gros à l’encre les contours de cette pièce ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, je ne sais pas vraiment.

Monsieur Specter.
Et voudriez-vous marquer ceci de la lettre "C" ?
(Le témoin se plie à la demande de l’avocat conseil Specter.)

Monsieur Specter.
C’est parfait. Que s’est-il produit quand cet homme est arrivé pour utiliser les toilettes Hommes ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, il a poussé le brancard hors du mur pour entrer à l’intérieur et ensuite quand il est ressorti il s’en est allé simplement sans repousser le brancard contre le mur, aussi je l’ai repoussé hors du chemin où nous devions avoir une zone claire en face de l’ascenseur.

Monsieur Specter.
Et vers quel endroit l’avez-vous repoussé ?

Monsieur Tomlinson.
Je l’ai repoussé à nouveau contre le mur.

Monsieur Specter.
Qu’est-il arrivé ensuite, si c’est le cas ?

Monsieur Tomlinson.
J’ai heurté le mur et une cartouche usagée ou une balle qui apparemment avait été se loger sous le rebord de l’armature a roulé.

Monsieur Specter.
Et elle venait de quel brancard ?

Monsieur Tomlinson.
Je crois que c’était du "B".

Monsieur Specter.
Et qui avait-il sur le brancard "B", si vous vous en souvenez ; si il y avait quelque chose ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, à une extrémité il y avait un ou deux draps enroulés ; je ne les ai pas examinés. Ils étaient tachés de sang. Ils étaient enroulés à l’extrémité Est du brancard et dessus il y avait quelques instruments chirurgicaux et à l’opposé se trouvait un pack stérile ou quelque chose comme çà.

Monsieur Specter.
Quoi de stérile ?

Monsieur Tomlinson.
Un pack stérile.

Monsieur Specter.
Que voulez-vous dire par là ?

Monsieur Tomlinson.
Comme de la gaze ou quelque chose comme çà.

Monsieur Specter.
Y avait-il une compresse d’alcool ?

Monsieur Tomlinson.
C’est possible.

Monsieur Specter.
Y avait-il un rouleau de sparadrap de 1 pouce ?

Monsieur Tomlinson.
Non ; je ne pense pas.

Monsieur Specter.
Y avait-il des sachets vides d’aiguilles hypodermiques ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, en fait, il y avait là du papier mais je ne sais pas d’où il venait.

Monsieur Specter.
Maintenant, Monsieur Tomlinson, êtes-vous sûr que c’est le brancard "A" que vous avez retiré de l’ascenseur et non le brancard "B" ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, vraiment, je ne peux pas en être certain,, pour être parfaitement honnête avec vous, Je ne peux pas en être certain, parce que je n’y ai pas beaucoup prêté attention. Le brancard était dans l’ascenseur et je l’ai poussé à l’extérieur et je crois que nous avons fait un ou deux appels vers le haut avant que avant que je ne range le brancard contre le mur.

Monsieur Specter.
Quand vous dites "un ou deux appels," que voulez-vous dire par là ?

Monsieur Tomlinson.
Nous sommes venus récupérer le technicien au deuxième étage et nous l’avons amené au rez de chaussée pour récupérer du sang.

Monsieur Specter.
Et quand vous dites avant que vous ne redressiez le brancard, que voulez-vous dire par là ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, on l’a juste enlevé du chemin où nous avions un peu de place dans l’ascenseur- c’est un petit ascenseur.

Monsieur Specter.
Ainsi, quand vous l’avez poussé hors de l’ascenseur, quand vous avez fait roulé le brancard hors de l’ascenseur, l’avez vous placé contre le mur à ce moment là ?

Monsieur Tomlinson.
Non.

Monsieur Specter.
Ces deux brancards étaient-ils construits de la même manière ?

Monsieur Tomlinson.
Ils étaient semblables — oui.

Monsieur Specter.
Voudriez-vous décrire l’apparence du brancard en ce qui concerne la matière dont il était fait le nombre de niveaux dont il disposait, et toute autre chose de cette sorte ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, il était fait de tube d’acier avec une feuille de métal sur le dessus où l’on étale le patient et il disposait d’un rayonnage en bas entre les quatre roues.

Monsieur Specter.
Disposait -il de pare-chocs ?

Monsieur Tomlinson.
Oui, il avait des pare-chocs en caoutchouc.

Monsieur Specter.
Disposait-il de ridelles pour maintenir le patient dessus ?

Monsieur Tomlinson.
Oui ; il y avait des ridelles d’un côté faite de tubes d’acier. La plupart des brancards en sont équipés.

Monsieur Specter.
Maintenant, juste avant que nous commencions à recueillir cette déposition, jusqu’à ce que je vous fasse prêter serment et avant que le rapporteur de la cour ne commence à consigner mes questions et vos réponses,vous et moi avons eu une brève discussion, n’est-ce pas ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Et nous avons discuté d’une manière générale de l’information que vous alliez livrer, n’est-ce pas ?

Monsieur Tomlinson.
Oui,monsieur.

Monsieur Specter.
Et au moment où nous avons débuté notre discussion, votre souvenir à ce moment là était que la balle était tombée du brancard A, n’est-ce pas ?

Monsieur Tomlinson.
Le B.

Monsieur Specter.
Pardonnez-moi, le brancard B, mais c’est le brancard A que vous avez sorti de l’ascenseur.

Monsieur Tomlinson.
Je crois que c’est exact.

Monsieur Specter.
Mais il n’y a aucun doute qu’au moment où nous avons entamé notre discussion quelques minutes avant que le greffier de la cour n’ait commencé à enregistrer, votre meilleur souvenir était que c’était le brancard A que vous aviez enlevé de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Oui, je crois que c’était lui — oui.

Monsieur Specter.
Aviez-vous été interrogé à ce sujet par un autre représentant Fédéral ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Qui vous avait interrogé à ce propos ?

Monsieur Tomlinson.
Je ne me rappelle pas de leur nom respectif, mais l’un était un homme du FBI et l’autre était un homme des Services Secrets.

Monsieur Specter.
Combien de fois le FBI vous a -t-il interrogé ?

Monsieur Tomlinson.
Une fois.

Monsieur Specter.
Combien de fois les services Secret vous ont-ils interrogé ?

Monsieur Tomlinson.
Une seule fois.

Monsieur Specter.
A quel moment le FBI vous a -t-il interrogé ?

Monsieur Tomlinson.
Je crois qu’il a été le premier à le faire.

Monsieur Specter.
C’était quand approximativement ?

Monsieur Tomlinson.
Je pense que c’était à la fin du mois de novembre.

Monsieur Specter.
Et quand les Services Secrets vous ont-ils interrogé ?

Monsieur Tomlinson.
Une semaine plus tard environ, au début du mois de décembre.

Monsieur Specter.
Maintenant, vous rappelez-vous ce que l’homme du FBI vous a demandé à ce sujet ?

Monsieur Tomlinson.
Seulement où j’avais trouvé la balle.

Monsieur Specter.
Vous at-il questionné à propos de ces brancards ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, il m’a questionné sur les brancards, oui, de la même façon que nous venons de le faire ici.

Monsieur Specter.
Que vous a demandé l’homme des Services Secrets à ce sujet ?

Monsieur Tomlinson.
Approximativement la même chose, seulement, nous sommes davantage rentrés dans les détails.

Monsieur Specter.
L’homme des Services Secrets vous a-t-il demandé lequel des brancards vous aviez ôté de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Je lui ait dit que je n’étais pas sûr,et je ne suis pas — je n’en suis pas sûr, mais comme je l’ai dit, j’irais à l’encontre du serment que j’ai prêté, il y a un moment, je n’en suis décidément pas sûr.

Monsieur Specter.
Vous souvenez vous si l’homme des Services Secrets vous a demandé quel brancard vous aviez enlevé de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, nous avons parlé du retrait du brancard hors de l’ascenseur, mais sous serment, je ne le jurerais pas, je ne m’en rappelle pas vraiment.

Monsieur Specter.
Et vous souvenez-vous si oui ou non l’homme des Services Secrets vous a demandé quel brancard vous aviez ôté de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Que voulez-vous dire ?

Monsieur Specter.
Vous dites aujourd’hui, que sous serment vous n’êtes pas sûr s’il s’agissait du brancard A ou du brancard B que vous avez enlevé de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Eh bien, aujourd’hui ou un autre jour, je ne suis simplement pas sûr de çà, s’il s’agissait du brancard A ou B que j’ai retiré de l’ascenseur.

Monsieur Specter.
Bon, votre souvenir a-t-il toujours été le même à propos de la situation qui est celle d’aujourd’hui ,au moment où vous avez parlé à l’homme des Services Secrets et quand vous avez parlé avec l’agent du FBI ?

Monsieur Tomlinson.
Oui ; je lui ai dit que je n’étais pas sûr.

Monsieur Specter.
Ainsi, ce que vous avez dit à l’homme des Services Secrets fut analogue à ce que vous m’avez dit aujourd’hui ?

Monsieur Tomlinson.
Oui,monsieur.

Monsieur Specter.
Quand je vous ai interrogé la première fois à ce sujet , Monsieur Tomlinson,vous avez au départ identifié le brancard A comme celui que vous aviez enlevé de l’ascenseur ?

>Monsieur Tomlinson.
Oui ; je pense que c’est ainsi.

Monsieur Specter.
Et, ensuite, quand.

Monsieur Tomlinson.
(Interrompant). Voilà le problème—j’ai poussé cette chose à l’extérieur, nous avons eu un appel, et nous avons gagné le deuxième étage, récupéré l’homme et nous l’avons ramené en bas. Il a poursuivi en traversant,pour se tirer de la zone des urgences, mais en la traversant, et il a récupéré deux flacons de, je crois que c’était, du sang. Il m’a dit de retenir l’ascenseur, car il devait revenir tout de suite dans la salle d’opération, aussi j’ai retenu l’ascenseur, et au moment où il est revenu, nous avons gagné le deuxième étage et je suis revenu au rez de chaussée. Maintenant, je ne sais pas combien de personnes sont passées par là---je ne sais pas combien de personnes se sont croisées — je ne sais rien de ce qui a pu leur arriver entre le moment où je m’en suis allé, et j’ai fait plusieurs allées et venues, avant que je ne découvre là à la fin de celles-ci la balle.

Monsieur Specter.
Vous pensez, alors, que ceci a pu se produire au moment où vous êtes sorti de l’ascenceur ou vous nepouvez pas en être sûr ?

Monsieur Tomlinson.
C’est possible, mais je ne peux pas en être sûr ou je pense qu’il s’agissait sûrement du A, mais je n’en suis pas sûr.

Monsieur Specter.
Que c’est celui que vous ’avez poussé hors de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
Maintenant, avant que je ne commence à vous poser des questions sous serment, ce qui a été noté ici, je vous ai dit, n’est-ce pas, que l’homme des Services Secrets avait écrit un rapport où il disait que la balle avait été retrouvée sur le brancard que vous aviez retiré de l’ascenseur---j’ai porté ceci à votre attention, n’est-ce pas ?

Monsieur Tomlinson.
Oui ; vous m’avez dit cela.

Monsieur Specter.
Maintenant,après que je vous ai dit ceci, est-ce que cela vous a rafraîchi la mémoire sur ce que vous aviez dit à l’homme des Services Secrets ?

Monsieur Tomlinson.
Non---pas vraiment.

Monsieur Specter.
Ainsi, cela serait-il un résumé correct de dire que lorsque j’ai tout d’abord commencé à vous parler de ceci, votre première opinion était que le brancard que vous aviez retiré de l’ascenseur était le brancard A, et qu’ensuite lorsque je vous ai dit que l’homme des Services Secrets avait dit que c’était---que vous aviez déclaré que le brancard que vous aviez retiré de l’ascenseur était celui sur lequel vous aviez trouvé la balle et que lorsque nous avons parlé de l’ensemble du sujet et de l’ensemble de la situation,, vous ne pouviez pas vraiment être sûr du brancard que vous aviez retiré de l’ascenseur, parce que vous n’aviez pas poussé le brancard que vous aviez ôté de l’ascenseur tout contre le mur ?

Monsieur Tomlinson.
C’est exact.

Monsieur Specter.
Et il y avait beaucoup de confusion ce jour là, ce qui correspond à ce que vous m’avez dit auparavant ?

Monsieur Tomlinson.
Absolument. Et à présent, honnêtement, je ne me rappelle pas à coup sûr le lui dire --- Je sais que nous en avons parlé, et que je lui ai dit que çà avait pu être le cas. Maintenant, il a pu tirer sa propre conclusion sur le sujet.

Monsieur Specter.
Vous avez dit à l’homme des Services Secrets que vous ne saviez pas où---

Monsieur Tomlinson.
(Interrompant). Il m’a demandé s’il avait pu être descendu du second étage.

Monsieur Specter.
Vous auriez pris le brancard d’où la balle provenait, s’il avait été descendu du second étage ?

Monsieur Tomlinson.
C’est possible— je ne suis pas sûr que ce soit le A que j’ai retiré.

Monsieur Specter.
Mais avez-vous dit à l’homme des Services Secrets lequel vous pensiez avoir sorti de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Je ne sais pas vraiment à ce sujet---si j’ai fait une déclaration catégorique à ce propos.

Monsieur Specter.
Vous lui avez dit qu’il était possible que ce soit le B que vous ayez enlevé de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
C’est exact.

Monsieur Specter.
Mais, vous ne vous souvenez pas si vous lui avez dit que c’était le A que vous aviez ôté de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Je pense que ’était le A ---Je n’en suis pas vraiment certain.

Monsieur Specter.
Qu’avez-vous dit à l’agent des Services Secrets—que vous pensiez que c’était le A que vous aviez sorti de l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Vraiment, je ne serais pas honnête en disant que je lui ai dit ceci ou cela.

Monsieur Specter.
Vous ne vous rappelez pas de manière certains si vous lui avez dit que vous pensiez qu’il s’agissait du A ou non ?

Monsieur Tomlinson..
Non, Monsieur ; je ne m’en souviens pas vraiment. Je n’ai pas ’habitude d’être questionné par les Services Secrets et le FBI et par vous et ils écrivent tout, je veux dire.

Monsieur Specter.
C’est bon. Je comprends exactement ce que vous dites et je l’apprécie et je désire juste recueillir votre meilleur souvenir.
Nous comprenons que ce n’est pas facile de se souvenir de tout ce qui s’est produit ; un jour comme le 22 Novembre, et que la mémoire d’un homme n’est pas parfaite comme toute autre partie de l’être humain, mais je veux que vous me disiez juste ce dont vous vous souvenez,et que c’est le mieux que vous pouvez faire aujourd’hui, et j’apprécie ceci, et c’est ainsi que procède la Commission Présidentielle, et c’est tout ce que nous pouvons demander à un homme.

Monsieur Tomlinson.
Oui, je vous dis tout ce dont je suis capable, et je ne vais pas vous dire quelque chose que je ne suis pas en mesure d’établir et dormir tranquillement.

Monsieur Specter.
Savez-vous d’où venait le brancard que vous avez trouvé dans l’ascenseur ?

Monsieur Tomlinson.
Non, Monsieur ; je ne sais pas. Il pouvait venir du second étage, il pouvait venir du troisième étage, il pouvait provenir d’un autre endroit.

Monsieur Specter.
Vous n’avez vu personne le mettre à cet endroit ?

Monsieur Tomlinson.
Non, Monsieur --- Il se trouvait dans l’ascenseur quand je m’y suis rendu. Il n’y avait personne dans l’ascenseur au moment où je l’ai déprogrammé.

Monsieur Specter.
Et quand vous dites "déprogrammé," que voulez-vous dire ?

Monsieur Tomlinson.
Le mettre en mode manuel.

Monsieur Specter.
Mr. Tomlinson, est-ce que çà vous dérange ou non si vous signez cette déposition à la fin ?

Monsieur Tomlinson.
Non.

Monsieur Specter.
Nous apprécions vraiment que vous soyez venu, Mr. Tomlinson. Merci beaucoup. C’est toutes les questions que j’avais à vous poser.

Monsieur Tomlinson.
D’accord. Merci.

Monsieur Specter.
Hors procès verbal.
(Discussion entre l’avocat conseil et le témoin Tomlinson à propos de la pièce à conviction proposée.)

Monsieur Specter.
Dans le procès verbal.
Maintenant que la déposition de Mr. Tomlinson est terminée, j’ai en ma possession le document répertorié comme pièce à conviction N°2 Tomlinson.
(Objet estampillé par le greffier comme pièce à conviction N°2 Tomlinson, pour l’identification.)

Monsieur Specter.
Que le procès verbal mentionne que Mr. Tomlinson est présent, et veuillez identifier ce document estampillé Tomlinson pièce à conviction No. 2 comme celle qui contient le croquis de la salle des urgences et par les lettres A et B les brancards dont nous sommes en train de parler ?

Monsieur Tomlinson.
C’est juste le monte charge de l’entrée.

Monsieur Specter.
Est-ce le croquis que vous avez dessiné pour nous ?

Monsieur Tomlinson.
Oui.

Monsieur Specter.
C’est tout, merci beaucoup.





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