JFK L’assassinat les questions
Dallas 22 novembre 1963

Site dédié à l’assassinat du Président Kennedy et à l’étude des questions sans réponse pleinement satisfaisante près de 60 ans après les faits.

CONNALLY Nelly

Nelly CONNALLY, l’épouse du Gouverneur du Texas, se trouvait dans Elm street, à l’intérieur de la limousine présidentielle


par Pierre NAU

Avertissement : La traduction de ce témoignage est ma propriété exclusive. Il ne peut être reproduit totalement ou partiellement sans mon autorisation.


Le Président.
Madame Connally, çà vous ennuierez pas de nous conter le récit de cette affaire telle que vous l’avez entendu, nous serons brefs et nous commencerons directement par la fusillade elle-même et Monsieur Specter vous interrogera également.

Veuillez lever votre main droite et prête serment, s’il vous plaît. Jurez-vous solennellement que le témoignage que vous êtes sur le point de faire devant cette Commission ne sera que la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, puisse Dieu vous aider ?

Madame Connally.
Oui.

Le Président.
Asseyez-vous, s’il vous plaît ?

Monsieur Specter.
Vous êtes la femme du Gouverneur John C. Connally ?

Madame Connally.
Non, je suis la femme du Gouverneur John B. Connally.

Monsieur Specter.
Madame Connally, dites-nous ce qui est arrivé au moment de l’assassinat.

Madame Connally.
Nous venions de terminer le défilé dans le secteur du centre ville de Dallas et cela avait été un merveilleux défilé en voiture. Les gens avaient été très chaleureux envers le Président et Mme. Kennedy et nous étions très heureux, j’étais très heureuse.
Comme nous sommes sortions de Main Street, est-ce la rue principale ?

Monsieur Specter.
C’est la rue par laquelle vous traversiez la ville, oui.

Madame Connally.
En fait les accueils avaient été si bons à chaque endroit que j’étais frustrée de ne pas avoir mentionner quelque chose à ce sujet auparavant.
Je ne pouvais plus résister. Quand nous sommes arrivés dans ce secteur je me suis tournée vers le Président et je lui ai dit, "M. le Président, vous ne pouvez pas dire que Dallas ne vous aime pas."Alors je ne sais combien de temps après, il me semble c’était très proche, j’ai entendu un bruit et n’étant pas experte en arme à feu, je n’avais pas conscience qu’il s’agissait d’un fusil. C’était juste un bruit effrayant et il est venu de la droite.
J’ai regardé par-dessus mon épaule droite, j’ai regardé derrière moi et j’ai vu le Président quand il avait les deux mains à son cou.

Monsieur Specter.
Et vous indiquez de vos propres mains, deux mains se croisant et saisissant votre propre cou ?

Madame Connally.
Oui ; et il m’a semblé il y avait - il n’a rien dit, aucun cri. Je n’ai pas vu de sang, rien. Il n’y avait juste rien qu’une expression sur son visage et il s’est juste tassé vers le bas. Ensuite très rapidement il y eut un deuxième coup de feu qui a frappé John. Quand le premier coup de feu a claqué je me suis tournée pour regarder en même temps, je me rappelle John en train de dire, "Oh, non, non, non." Ensuite il y a eu un deuxième coup de feu qui a frappé John et comme il a reculé vers la droite, juste comme un animal blessé vers la droite, il a dit, "Mon Dieu, ils vont nous tuer tous."
Je n’ai jamais de nouveau----

Monsieur Dulles.
Vers la droite c’est à dire plus ou moins dans vos bras ?

Madame Connally.
Non, il s’est détourné de moi. Je prétendais que j’étais lui. Je n’ai jamais regardé à nouveau vers le siège arrière de la voiture après que mon mari ait été atteint. Mon souci c’était lui et je me rappelle qu’il s’est tourné à droite et qu’ensuite il s’est juste effondré vers le bas dans le siège, ainsi que je me suis étendue pour le tirer vers moi. J’essayais de le tirer vers le bas et moi aussi. Les strapontins n’étaient pas très spacieux, pour qu’il ait glissé à l’intérieur du siège de la voiture, ce qu’il n’a pas fait ; qu’il soit tombé sur mes genoux, ce qu’il n’a pas fait.
Je l’ai juste tiré dans mes bras parce qu’il nous aurait été impossible de nous blottir vraiment vers le bas avec moi assise et en train de le tenir. Quand j’ai regardé vers l’extérieur, je veux dire au moment où il était dans mes bras et que j’avais mis ma tête sur sa tête de sorte que sa tête et la mienne soient réunies, tout ce que je pouvais voir, également, c’étaient les gens apparaissant par flash. Je n’ai pas regardé vers l’arrière davantage. Le troisième coup de feu que j’ai entendu et que j’ai senti, il ressemblait à un tir de chevrotine nous tombant dessus et ensuite, bien sûr, j’ai pu voir aussi qu’il y avait de la matière, du tissu cérébral, ou quelque chose de cette sorte juste de la matière humaine, partout dans la voiture et sur nous deux.
J’ai pensé que John avait été tué et ensuite il y eut quelque mouvement imperceptible, juste un petit quelque chose qui m’a fait savoir qu’il y avait toujours quelque vie et c’est quand j’ai commencé à lui dire, "c’est bon. Tiens bon."
Ensuite, j’ai entendu l’homme des Services Secrets dire, "Sortez du cortège d’automobiles. Conduisez-nous à l’hôpital le plus proche," et ensuite nous avons filé très rapidement vers l’hôpital.
Juste avant que nous arrivions à l’hôpital de Parkland , nous avons tourné à droite, il devait aller très vite, parce que comme il a viré, le poids du corps de mon mari nous a presque renversés tous les deux.

Monsieur Specter.
A quelle vitesse pensez-vous qu’il allait ?

Madame Connally.
Je ne sais pas ; très rapidement. Les gens que je pouvais apercevoir défilaient simplement. Nous filions simplement très vite. Nous sommes parvenus à l’hôpital et sommes restés pendant ce qui m’a semblé comme un temps interminable et de ce que je sais c’était juste quelques minutes, mais les pensées qui ont m’ont traversé l’esprit étaient combien de temps dois-je rester assise ici avec cet homme mourant dans mes bras tandis que chacun envahit en masse le Président dont j’avais le sentiment très sûr qu’il était mort et juste quand j’ai pensé que je ne pouvais pas rester assise et attendre davantage, John s’est comme dressé de lui-même vers le haut. Il ne s’est pas levé dans la voiture, il s’est juste levé de lui-même vers le haut et il s’est ensuite effondré vers le bas dans le siège.

Monsieur Specter.
A ce moment là vous et le Gouverneur Connally étiez toujours assis sur les strapontins de la voiture ?

Madame Connally.
Oui et ils n’avaient pas - le Président était toujours - et Mme. de Kennedy était toujours à l’arrière. Je n’avais jamais regardé derrière moi vers le siège arrière après le deuxième coup de feu. Je pouvais entendre, vous savez, je les entendez dire comme c’était triste et se lamenter du fait que le Président était en si mauvaise condition et, bien sûr, ils ne savaient pas s’il était - je suppose qu’ils ne savaient pas s’il était vivant ou mort.

Monsieur Specter.
Le président Kennedy a-t-il dit quoi que ce soit après les coups de feu ?

Madame Connally.
Il n’a rien dit. Mme. de Kennedy a dit, la première chose que je me rappelle qu’elle ait dit c’était, après le premier coup de feu, je l’ai entendue dire, "Jack, ils ont tué mon mari," et ensuite il y avait le deuxième coup de feu et ensuite après le troisième coup de feu elle a dit, "Ils ont tué mon mari. J’ai son son cerveau dans ma main," et elle a répété ceci plusieurs fois et cela fut tout ce qui fut dit.

Monsieur Specter.
A partir de ce moment là vous dites que vous aviez vos yeux dirigés vers l’avant, donc vous n’aviez pas de chance----

Madame Connally.
Oui, parce que je l’avais avec moi et je n’ai pas vraiment pensé à regarder derrière moi de toute façon, mais je pouvais juste voir la voiture en train de filer et les gens et des choses s’agiter sur notre. Je me rappelle penser quelle vue épouvantable cela doit être pour ces gens, voir ces deux hommes touchés et c’était une chose terriblement horrifiante et je pense que c’est de cette façon dont je m’en souviens.

Monsieur Specter.
Qu’est-il arrivé alors après que vous soyez arrivés à l’hôpital ?

Madame Connally.
Nous sommes arrivés à l’hôpital et, comme j’ai dit, John s’est dressé. Ils ne semblaient toujours pas être en mesure de sortir Mme. Kennedy ou le Président de l’arrière de la voiture, mais quelqu’un l’a saisi dans ses bras et l’a mis sur une civière. Il y avait là deux civières et ils l’ont alors emmené immédiatement à la salle des urgences et ils descendu le hall en courant avec la civière et j’ai juste couru avec eux.
Ils l’ont transporté dans la salle des urgences et directement derrière nous est venu le Président sur une civière. Il l’ont emmené dans une pièce à droite. Il y avait beaucoup de stupeur et de confusion. Il y avait tas de gens que j’ai supposé être des hommes des Services Secrets se précipitant avec des mitrailleuses, je suppose, ou des fusils à pompe. Je ne suis pas vraiment sûre, ils avaient de grands bras en quelque sorte. Il n’y avait personne là où il y avait des tas des gens à travers le hall. Il y avait personne avec moi et, bien sûr, mes pensées allaient alors, je suppose comme toute autre femme, je me suis demandé si tous les docteurs étaient dans la pièce de gauche et s’ils ne prenaient pas assez soin de mon mari à dans la pièce de droite. Je n’aurais pas dû m’inquiéter de ceci, n’est-ce pas ?
Je ne connaissais personne à l’hôpital et j’étais seule. Deux fois je me suis levée et ai ouvert la porte de la salle des urgences et je pouvais entendre John, le voir bouger et je savais alors qu’il était toujours vivant.
Je suppose que le temps paraissait court, également. Ça m’a semblé interminable. Quelqu’un est sorti précipitamment, je pense que c’était une infirmière et elle m’a remis un bouton de manchette. J’ai lu plus tard que c’était une femme médecin.
Ils l’ont sorti de là très rapidement jusqu’à la chirurgie et je suis juste partie avec lui et ai attendu dans un bureau. Savez-vous dans quel bureau j’étais ? C’est là où vous êtes venu me voir.

Docteur Gregory.
Le bureau de docteur Jenkin.

Docteur Shaw.
Oui. Vous étiez soit dans le bureau de l’anesthésiste ou dans la pièce qui fait partie de la salle de réveil. Est-ce que c’était la même place où vous êtes restée plus tard, Mme. Connally ?

Madame Connally.
Non.

Docteur Gregory.
Je pense que c’était à l’arrière du bureau du docteur Jenkin. C’est là où je crois que je vous ai d’abord vue.

Madame Connally.
Je crois que c’est exact.
Aussitôt que le docteur Shaw a constaté qu’il avait quelques nouvelles encourageantes, que les blessures n’étaient pas aussi importantes qu’il avait pensé qu’elles pouvaient être ou pourraient être, il m’a envoyé ce mot de la salle d’opération et c’était de bonnes nouvelles.
J’ai alors demandé si je ne pourrais pas aller voir Mme. Kennedy et ils m’ont dit qu’elle avait quitté l’hôpital.

Monsieur Specter.
Avez-vous reçu la visite de Madame Johnson à l’hôpital ?

Madame Connally.
Oui. Mais je suppose que c’était auparavant, puisqu’ils ont quitté ensemble, pas vraiment une visite. Elle est passée et nous n’avions pas beaucoup à dire et ensuite ils sont partis.

Monsieur Specter.
Mme. Connally, quelle fut votre impression, s’il en est, quant à la provenance des coups de feu ?

Madame Connally.
Bien, je n’avais pas d’idée s’ils venaient d’en hauts ou d’en bas ou d’où. Ils provenaient juste venus du côté droit ; ils semblaient venir de ma droite.

Monsieur Specter.
Combien en avez-vous entendu en tout ?

Madame Connally.
J’en ai entendu trois.

Monsieur Specter.
Quelle est votre meilleure estimation du temps qui s’est déroulé du premier coup de feu au dernier ?

Madame Connally.
Très court. Il m’a semblé qu’il y avait moins de temps entre le premier et le deuxième qu’entre le deuxième et le troisième.

Monsieur Specter.
A quelle vitesse pensez-vous que la voiture allait alors ?

Madame Connally.
Je ne sais pas vraiment . Pas trop vite. C’était comme un temps de repos pour nous. Nous pouvions nous détendre puisque nous pensions que nous le pouvions, pendant juste une minute.

Monsieur Specter.
Et vous vous voulez dire par là que vous aviez laissé la majeure partie de la foule derrière vous ?

Madame Connally.
Nous les avions dépassés. Le passage souterrain était en vue et je savais qu’aussitôt que nous aurions passé le passage souterrain nous irions ensuite directement au Trade Mart pour le déjeuner et je sentais, comme nous nous déplacerions alors vite que nous n’aurions pas de gens de part et d’autre de nous.

Monsieur Specter.
Avez-vous vu les films ici ce matin dans le bureau de Commission ?

Madame Connally.
Oui, je les ai vus.

Monsieur Specter.
Avez-vous un avis quant à l’image à laquelle le Gouverneur Connally a été touché ?

Madame Connally.
Oui. J’étais d’accord avec le Gouverneur. Je ne suis pas sûre que je me souvienne des numéros aussi corrigez-moi, mais je pense que ce fut à l’image 229 - cela pourrait avoir été alors au cours des trois quatre images suivantes.

Monsieur Specter.
Avez-vous quoi que ce soit----

Madame Connally.
Elles étaient floues.

Monsieur Specter.
En ce qui concerne l’origine, vous dites que vous avez pensé qu’ils provenaient de la droite---avez-vous un avis quant à savoir s’ils venaient de l’avant, de derrière ou latéralement ?

Madame Connally.
J’ai pensé que çà venait de derrière nous.

Monsieur Specter.
A l’arrière ?

Madame Connally.
De la droite ; c’est exact.

Monsieur Specter.
Aviez-vous un avis quant à la question de quelle hauteur ou à quel niveau ?

Madame Connally.
Non.

Monsieur Specter.
Avez-vous autre chose à ajouter que vous pensez utile à la Commission de quelque manière que ce soit ?

Madame Connally.
Je ne pense pas.

Le Président.
Y a-t-il d’autres questions ? Sénateur, en avez-vous ? En avez-vous une, M. Dulles ?

Monsieur Dulles.
J’ai juste une question. Mme. Connally, sur un point votre témoignage diffère de beaucoup d’autres quant au timing des coups de feu. Je pense que vous avez dit qu’il semblait y avoir plus de temps entre le deuxième et troisième coups de feu qu’entre le premier et le deuxième ; est-ce là votre souvenir ?

Madame Connally.
Oui.

Monsieur Dulles.
C’est-à-dire que l’espace entre le premier et le deuxième était moindre qu’entre le deuxième et le troisième ? Vous rendez vous compte que j’ai juste voulu savoir si je vous avais bien compris sur ce point.

Madame Connally.
Vous m’avez bien compris.

Monsieur Dulles.
Merci beaucoup.

Madame Connally.
Merci.

Le Président.
Mme. Connally, merci beaucoup. Nous répugnions à vous faire passer en revue tout cela dans votre esprit à nouveau, mais il était nécessaire d’avoir votre témoignage et vous avez été très aimable de venir.

Madame Connally.
Merci.

Le Président.
Nous avons beaucoup apprécié, vraiment.

(Sur ce, à 17h45, la Commission Présidentielle suspend son travail.)


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