JFK

L'assassinat les questions

Sujet: Motivations des auteurs d'attentats d'hier et d'aujourd'hui peut on voir un parallèle ? 1/3

Créé le: Tuesday, December 29, 2015 - 12:41 PM

jerome.bagot
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Les attentats commis en France et en Belgique ces dernières années ont atteint des sommets dans l’horreur sans commune mesure avec l’assassinat de JFK. Néanmoins, la comparaison croisée du comportement de Lho et de ces différents criminels s’avère d’un certain intérêt.
Avant de tenter ce parallèle, il convient de revenir à quelques éléments propres à la journée du 22/11/63.
Une des clés du dossier du 22/11/63 reste l’attitude d’Oswald après le meurtre de JFK. On a tout écrit ou presque afin d’expliquer les choix du présumé coupable de l’instant du coup de feu fatal jusqu’à son arrestation. Pour nombre de garants de la thèse officielle, l’improvisation voire la panique se décline du TSBD au Texas Theater. Pour la Commission Warren, il est impossible de se mettre dans la tête du meurtrier, seul compte de factuel
En réalité, avec l’œuvre du temps il y a peu de chance de connaître un jour avec certitude où se dirigeait LHO , en cet après midi d’automne à Dallas. Cependant, l’étude de la psychologie du personnage offre l’opportunité, parmi de multiples possibilités d’envisager, des hypothèses probables.
Dernièrement, John Kerry a fait montre d’un réel courage face au 5ème pouvoir, cette presse US soucieuse de porter le message de la pensée unique dont elle est le mentor. Pour cet homme brillant, Oswald reste l’exécutant de l’assassinat du 35ème président des états unis mais il ressort du dossier l’impression tenace d’un acte dirigé, téléguidé. Cette théorie va à l’encontre du boboland new yorkais qui voit dans ‘’case closed’’ la nouvelle bible et en Posner le messie. Dans ce livre presque saint est décrété que LHO le seul coupable ne pensait sortir vivant du de sniper’s nest. Pourtant, le factuel implacable nous indique que pour défendre, vendre chèrement sa peau contre les ‘’ poor damn cop’’ il ne reste à Oswald qu’une balle dans son Carcano et sans même disposer de son 38sp…
Pour d’autres légitimistes ? LHO avait l’intention de se livrer pour revendiquer le geste révolutionnaire absolu mais se voyant libre de toute poursuite y renonce. Et bien sûr toujours, sans plan de repli, se contente de laisser toutes les preuves derrière lui et descend tranquillement à la cafétéria pour prendre un coca. Pire, il garde son calme lorsque l’agent Baker lui colle son revolver sous le ventre. Puis, cette mésaventure passée, quitte son poste de travail pour rejoindre sans empressement son domicile pour en repartir dans une cavale sans espoir.
Au détour d’un forum, un contributeur s’interrogeait sur l’existence peu banale de cet enfant issu du prolétariat US des années 50/60. Le prendre pour un imbécile violent, dyslexique, mythomane et misanthrope comme beaucoup de défenseurs de la thèse officiel restait pour lui un raccourci simpliste. Son instruction était limitée, sa dyslexie handicapante mais il a su suffisamment donner le change dans sa vie jusqu’à être pris lors d’une conférence chez les jésuites pour un étudiant d’une grande université ou passer pour un traducteur doué. A 23 ans, il avait eu au début des années 60, une existence plus riche d’expérience, de voyage, d’échange relationnel que beaucoup d’hommes dans la maturité de l’âge. Il connaissait le Japon avait vécu en Russie, séjourné au Mexique, parlé plusieurs langues à une époque où les moyens de communications et les échanges linguistiques étaient réservés à une élite. Ces faits ne sont pas destinés à faire l’apologie d’un criminel, ils soulignent simplement les capacités d’un homme qui a tout de même commis l’homicide du 20ème siècle. Il n’est pas question ici d’admirer LHO mais de pointer du doigt ses compétences, le dénigrer à la manière de Carlier s’avère désobligeant envers les hommes chargés de la sécurité de JFK. Ces derniers ont failli car justement, il n’avait pas en face à eux un imbécile mais un criminel froid, résolu, méthodique et intelligent.

jerome.bagot
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Tuesday, December 29, 2015 - 12:42 PM
la suite
Pour en venir au titre au but de ce post, le parallèle entre les assassins au nom de l’islam et LHO doit être tenté à partir des éléments qui viennent d’être abordés, il y a des coïncidences troublantes, des similitudes de parcours, une exaltation envers un idéal pervers, un milieu social comparable.
Famille décomposée, mère célibataire père mort ou absent, échec scolaire, déracinement, ne sont là que les composantes sociales de similitudes entre le parcours de Nemouche, d’Merah ou d’Oswald. Pour aller plus en avant, il faut s’attacher aux déterminants communs de ces individus de l’adolescence à l’âge adulte, à leurs difficultés d’insertion, à leur misanthropie car tous ces éléments les auront conduits à trouver un idéal propre à combler leur désespérance.
Tous aussi ont pour vivre leur quête d’absolu pervers tenté voire réussi à quitter leur pays pour rejoindre une terre promise. Ils revinrent souvent déçu mais en conservant une haine pour la modèle du capitalisme occidental avec la volonté de faire le mal. Dès lors, ils vivent de petit boulots, de l’aide social, nouent des rapports houleux avec les femmes même si parfois leur machisme à la Coulibaly en séduit certaines. Mais plus encore, à l’instar des frères Kouachi, ils attendent leur heure, le moment pour frapper une cible symbolique et marquer l’histoire de leur empreinte criminelle. Afin de justifier leur acte ignoble, ils ont besoin de trouver une justification, ils agissent sur ordres ou au nom de quelque chose de plus grand qu’eux. Ils ne sont pas lâches, pas tous des imbéciles, ils savent déjouer les surveillances, passer dans la clandestinité ou se faire ‘’oublier’’ du FBI ou de la DCRI.
Comme Oswald et Merah, il se peut même qu’à un moment de leur existence, ils jouèrent les taupes l’agent double d’un service extérieur. Certains comme Merah ou l’un des kamikazes de novembre ont tenté sans succès de rejoindre une troupe d’élite. Aux USA, la légion étrangère n’existe pas Oswald lui plus doué, rentrera dans les Marines.
Tous aussi ont une fascination pour les armes, ils s’en procurent de manière officielle ou frauduleuse et malheureusement le jour venu sauront s’en servir.
Leur passage à l’acte est souvent calculé planifié comme pour la tentative d’assassinat sur le général Walker ou la tuerie de Charlie Hebdo mais il peut aussi être opportuniste comme pour le meurtre d’un policier présent au mauvais endroit au mauvais moment.
Ainsi, si le symbole de leur haine passe sur leur route, ces assassins y verront un signe du destin ou de dieu, la folie meurtrière à raison de leur humanité, de leur peur de mourir. Cependant, voici le point, la différence majeure qui séparent ‘’les fous de dieu’’ et LHO. A aucun moment Oswald n’a montré une attitude suicidaire. Lors de la tentative d’attentat sur Walker, il avait préparé un itinéraire de fuite et après avoir tiré sur JFK, il ne à tire pas sur la police, ne se barricade pas dans un fort Chabrol en attendant l’assaut mais au contraire se prépare à une fuite organisée. Rien à voir avec l’attitude de Kamikaze de la majorité des bouchers du 13 novembre. Il n’a pas prévu de mourir mais agi avec calme et semble avoir un objectif pour rejoindre un lieu ou des complices. Il sait que rapidement son arme sera découverte, il sera le suspect, l’homme le plus recherché des USA alors, il s’en va vers une destination et des contacts qui sans doute resteront inconnus
     

jerome.bagot
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Tuesday, December 29, 2015 - 12:43 PM
la fin
Certes dans l’attentat de Boston, les frères Tsarnaev après leur crime accompli s’enfuient sans avoir de plan réel ou précis. Certes les 2 frères se sont auto-radicalisé sur le net comme LHO par la lecture de textes marxistes mal compris ou interprétés, Certes ces individus détestaient tous la société où ils vivaient et auraient pu trouver le soutien de complices tout aussi sociopathe.
Pourtant une fois de plus, le parallèle s’arrête là car leur parcours, leur motivation et surtout le contexte de l’époque sont différents. Oswald ne croit pas en un au-delà aux 72 vierges, le paradis pour lui est sur terre à Cuba ou au sud Vietnam. Il ne veut pas se sacrifier pour ses idées ou mourir en martyr mais fuir un pays, un régime qu’il déteste. LHO est avant tout un égoïste tout tourne autour de lui. Il se fiche d’être l’élu d’un monde après la mort. Son rêve n’est pas exalté par un mysticisme autodestructeur, bien au contraire, il ne peut se concevoir que dans un futur matériel palpable. Il ne cherche pas l’argent, sans doute la notoriété mais plus encore il veut jouir de la vie sur une terre révolutionnaire.
Contrairement aux frères Tsarnaev, il peut bénéficier lui du soutien de divers groupes puissants et structurés au sein même des USA, tels les milieux mafieux approchés grâce à son oncle ou les anticastristes rencontrés au Mexique ou en Louisiane voire les magnas du pétrole de Dallas.
Oswald est un caméléon capable de séduire tour à tour les russes blancs, les soviétiques, les femmes de divers classes sociales, une belle japonaise liées aux services secret, des jésuites lettrés, des universitaires tout comme des petites frappes. Intégré l’un de ces groupes était d’autant plus nécessaire à LHO que grâce eux, il aurait la possibilité de rallier Cuba. Qu’importe de pactiser avec ses ennemis pour parvenir à ses fins, là aussi il différent des islamistes dont la croyance interdit de se rapprocher des mécréants.
Les opposants à JFK avaient sur place le pouvoir, la logistique, l’argent pour préparer un attentat. Il faut bien se replacer dans les années 60 la technologie, les renseignements n’ont pas le développement connu aujourd’hui et si à l’heure actuelle un acte criminel peut être préparé en passant entre les mailles du filet policier cela était encore plus vrai il y a 50 ans …
Le contact pris avec l’un des ces groupes, le trajet du convoi une fois indiqué dans les journaux, il suffisait à LHO de saisir l’occasion. Dès lors un plan, une planque, une exfiltration pouvaient être préparés en quelques jours. LHO avait uniquement à contacter d’une cabine téléphonique un Wallace ou Shaw pour leur dire ‘’ j’ai l’opportunité, fournissez moi la logistique d’une fuite’’ et une seule réunion à la sortie du travail suffisait pour figer la machination. On peut lire dans les écrits des promoteurs de la thèse officielle qu’à aucun moment l’emploi du temps de LHO avant le meurtre n’indique la rencontre avec des complices. Ces personnes sont elles réellement conscientes du total manque de discernement de leurs assertions ? Celles-ci ne sont pas seulement gratuites mais dénuées de toute logique. Aucun service secret même aujourd’hui n’est capable de suivre 24/24h un suspect, notre DCRI, nos services de polices le martèlent à longueur de temps. Et LHO ne faisait l’objet que d’une surveillance lointaine du FBI.... Par contre, pour la mafia, un responsable de la chambre de commerce des USA, un magna du pétrole fournir une planque, un avion, une voiture avec chauffeur n’est rien. La seule phase critique est de prendre la décision de participer au meurtre du président des USA. Et même là, comme on dit les promesses rendent les fous joyeux…Il n’existait aucun lien entre eux et LHO. Ils pouvaient donc promettre à LHO monts et merveilles au pire ils auraient juste à éliminer l’indésirable par l’intermédiaire d’un tueur ou d’un policier sous influence. LHO avait peut être raison de se concevoir en pigeon…
Ainsi mon sens LHO aura à un moment ou à un autre croisé des individus prêts à éliminer JFK. Ces gens avaient le désir de commettre l’attentat mais ne disposaient pas de l’opportunité, Oswald volontairement ou par manipulation leur a fourni l’occasion. LHO par un incroyable concours de circonstances, comme il s’en produit dans l’histoire, a su que JFK passerait au pied du TSBD, il a saisi sa chance pour rentrer dans l’histoire pour le malheur de tous.
En conclusion si le parcours de vie des terroristes d’aujourd’hui présente des similitudes avec celui de LHO, ces individus sont différents dans leurs motivations, leur rapport à la société. LHO n’aurait jamais abattu des civils, placer une bombe capable de tuer des enfants, sa haine était dirigée contre un système et contre ceux qui le servent mais jamais il n’a cherché à tuer aveuglement. Notre société devient elle plus violente que celle des années 60 voilà une toute autre question ?
     

pierre.nau
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Tuesday, December 29, 2015 - 01:06 PM
Merci pour cette analyse complète et interessante. Bien qu'il soit toujours difficile de comparer les époques, la rupture par rapport à la société dans laquelle ils vivaient est le dénominateur communs de tous ces criminels. Il faut bien les nommer ainsi.
Cela dit, concernant Oswald, je suis complètement en phase avec cette phrase de ta conclusion:

Jerôme.Bagot
LHO n’aurait jamais abattu des civils, placer une bombe capable de tuer des enfants, sa haine était dirigée contre un système et contre ceux qui le servent mais jamais il n’a cherché à tuer aveuglement.


C'est ce qui différencie Oswald des derniers auteurs d'attentat aujourd'hui. Walker, encore que sa culpabilité est loin d'être démontrée à mon sens (Walker lui- même n'y croyait pas) et Kennedy étaient chacun dans leur domaines des grands serviteurs d'un système que rejetait Oswald. Encore que LHO rejetait tout système... Alors?

Je reviendrai plus tard sur d'autres points de ce long et riche message.